"Les arbitres israéliens ne sont pas moins bons que beaucoup d'arbitres en Europe, mais ils ne sont pas considérés"

Le légendaire ancien arbitre Alon Yefet a raconté à "Mahatzit BaShchuna" son parcours de la troisième ligue jusqu'aux plus grandes scènes, l'expulsion de Roberto Carlos, les critiques d'Avraham Klein, la VAR, Abukasis, Zahavi et bien plus encore.

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"Les arbitres israéliens ne sont pas moins bons que beaucoup d'arbitres en Europe, mais ils ne sont pas considérés"
Photo : צילום: Walla.co.il

Dans le nouvel épisode de "Mahatzit BaShchuna" de Sport1, Ron Amikam a accueilli le légendaire ancien arbitre Alon Yefet, qui est revenu sur les étapes marquantes de sa glorieuse carrière.

Sur la façon dont il est arrivé à l'arbitrage : "En 11e année, ils sont venus à l'école et ont mis une affiche invitant les gens à un cours d'arbitre de football. Il était écrit que quiconque termine le cours reçoit un certificat d'arbitre, et qu'est-ce qu'un certificat d'arbitre donne ? Une entrée gratuite à tous les stades de football du pays. De cette façon, je pouvais regarder le Maccabi Netanya. C'est comme ça que j'ai commencé."

Sur le début du parcours en troisième ligue : "Je me souviens d'un match à Pardes Hanna en troisième ligue, quand des lettres ont été envoyées à mon sujet et que des histoires ont été racontées sur moi. Je me suis dit : 'Mon Dieu, où suis-je arrivé ?'. Je suis venu en tant que garçon de 18 ans pour arbitrer des matchs, et ils commencent à raconter tant d'histoires sur vous. Après un tel match, j'ai dit au responsable régional : 'Soit vous me promouvez au cadre national, soit vous me laissez arbitrer les enfants et les jeunes'. En troisième ligue, c'est le vrai Far West."

Sur la rencontre avec Isaac Ben Itzhak et les arbitres de l'ancienne génération : "Je n'oublierai pas Isaac Ben Itzhak lors de mon premier test. Tu le vois et tu te détends simplement en sa présence. Il met ses chaussures, et moi je suis un enfant, je ne comprends rien, j'essaie juste de courir derrière lui. Ce sont des souvenirs dont je me souviens encore aujourd'hui."

Sur les critiques qu'il a reçues d'Avraham Klein au début du parcours : "Lors de mon premier match en Ligue nationale, Maccabi Haïfa contre Rishon LeZion à Kiryat Eliezer, au bout d'une demi-heure, j'étais déjà à bout de forces. À la fin du match, Avraham Klein est entré dans le vestiaire et m'a dit : 'Qui t'a mis sur le terrain ? Tu ne sais pas courir du tout'. Il m'a dit de prendre une corde, de sauter pendant quelques mois, et seulement après de revenir à l'arbitrage."

Sur la difficulté pour un arbitre israélien de percer en Europe : "Nos arbitres ne sont pas moins bons que beaucoup d'arbitres en Europe, même meilleurs que beaucoup d'entre eux. Mais quand tu arrives en tant qu'arbitre israélien, nous ne sommes pas très considérés. Nos équipes ne sont pas allées loin, nos joueurs ne sont pas allés loin, donc ils préféreront un arbitre d'Italie, d'Espagne, de France ou d'Angleterre."

Sur le match qui l'a propulsé en avant : "Un grand saut pour moi a été quand j'ai arbitré la demi-finale du Championnat d'Europe des moins de 16 ans en Angleterre, Espagne contre Croatie. C'était l'équipe de Fernando Torres et Andres Iniesta. J'ai été remarqué par deux membres du comité d'arbitrage de l'UEFA, et grâce à cela, j'ai réussi à faire un bond. Une fois que tu fais un bond, tout le monde te voit déjà."

Sur la célèbre expulsion de Roberto Carlos : "Il ne m'a pas donné de coup d'épaule. Il est venu de toutes ses forces et a failli m'exploser. Au moment de vérité, ce n'était pas si difficile, c'était automatique. Tu vois une personne qui vient, censée vouloir te faire du mal, et qui ne s'arrête pas mais te percute. Tu ne réfléchis pas beaucoup. Si tu commences à réfléchir, tu ne l'expulseras pas."

Sur le rôle de l'arbitre : "Le succès d'un arbitre est qu'à la fin, on ne parle pas de lui. Mais cela ne m'empêchera pas de faire quelque chose si je dois le faire, même s'ils en parlent pendant cent ans. Ils m'ont mis à cette place pour prendre des décisions que personne n'aime. Si tu n'es pas capable de prendre de telles décisions, ce n'est pas ta place."

Sur sa préparation aux matchs : "On ne pouvait pas me surprendre dans un match. Je connaissais tous les joueurs un par un : qui me répond, qui ne me répond pas, qui me parle, qui fait un tacle glissé, qui tombe, qui saute. J'avais des pages écrites avant les matchs, chacun ce qu'il fait. Je regardais des clips, des équipes et des matchs."

Sur la VAR : "Même les arbitres n'aiment pas les décisions au millimètre, mais une fois qu'ils ont introduit la technologie, tu dois l'utiliser. Je pense que la VAR aide les arbitres, ceux qui savent l'utiliser correctement. Il y a beaucoup de choses à améliorer, et surtout le faire beaucoup plus rapidement."

Sur le joueur le plus intelligent qu'il a arbitré : "Yossi Abukasis. Rien n'arrivait sans raison. Il était un génie. Il savait quand se tenir sur le ballon, quand envoyer un joueur se tenir sur le ballon, quand il est possible de reprendre le jeu et quand non. Il était le seul qui savait lire beaucoup de ce que je pense."

Sur le derby qui a été interrompu en 2014 suite à l'intrusion de Fuad sur le terrain et la confrontation avec Eran Zahavi : "Je n'aurais pas expulsé Eran Zahavi. Je pense que même Roi Reinshreiber, si le même événement s'était produit aujourd'hui, ne l'aurait pas expulsé. Quand tu arbitres un match, ce n'est pas comme être assis en haut dans les tribunes. Qu'est-ce que Roi a vu devant ses yeux ? Un joueur qui frappe un supporter. Avec le recul, c'est facile de parler."

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