« L'effet Jimmy Carter » : le plan secret de l'Iran pour faire chuter Trump

Selon un rapport du Guardian, Téhéran envisage de faire traîner les contacts avec Washington jusqu'aux élections de mi-mandat aux États-Unis, dans l'espoir que les conséquences de la guerre, les prix du pétrole et la pression publique nuisent aux républicains et réduisent la marge de manœuvre de Donald Trump.

MaarivAuteur : Agences de presse
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« L'effet Jimmy Carter » : le plan secret de l'Iran pour faire chuter Trump
Photo : Maariv / טראמפ בפסגת נאט"ו על האיראנים הבוגדניים | צילום: שימוש לפי סעיף 27א'

En Iran, on regarde moins l'horloge politique et davantage le calendrier politique américain. Selon un rapport du Guardian, des sources à Téhéran estiment que prolonger les négociations avec l'administration de Donald Trump pourrait leur servir non seulement sur le plan nucléaire, mais aussi sur la scène politique américaine, à mesure que la crise se poursuivra jusqu'aux élections de mi-mandat au Congrès en novembre.

Selon le rapport, dans certains cercles en Iran, porter un préjudice politique à Donald Trump est considéré comme une fin en soi. La comparaison qui revient constamment est celle avec l'ancien président Jimmy Carter, qui a été gravement affecté par la crise des otages à l'ambassade des États-Unis à Téhéran entre 1979 et 1981. Du point de vue de ces cercles, plus le conflit durera, plus il pèsera sur l'économie américaine et plus il approfondira la lassitude du public face à la guerre, ce qui pourrait également éroder le soutien au président.

L'hostilité envers Donald Trump en Iran est également personnelle. À Téhéran, on n'oublie pas sa décision de se retirer de l'accord sur le nucléaire en 2018, les sanctions qu'il a imposées au pays et l'élimination du commandant de la force Al-Qods, Qassem Soleimani. Selon le rapport, même pendant les funérailles du guide suprême Ali Khamenei, des appels répétés à la vengeance contre les États-Unis ont été entendus.

L'espoir : un Congrès plus hostile à Donald Trump

Le signe le plus marquant d'une stratégie possible est venu des propos du vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, qui a déclaré à l'agence de presse IRNA que le passage à la deuxième phase des négociations sur le programme nucléaire pourrait prendre entre deux et quatre mois, après qu'un cadre pour la régulation du trafic commercial dans le détroit d'Ormuz aura été établi. Si ce calendrier se réalise, Donald Trump pourrait arriver aux élections de mi-mandat sans engagement iranien significatif sur la question nucléaire, sur fond de conséquences économiques et politiques persistantes de la guerre.

Jason Brodsky, de l'organisation United Against Nuclear Iran, a estimé qu'un tel scénario pourrait conduire à la poursuite des cycles d'escalade entre Washington et Téhéran autour du détroit d'Ormuz. Selon lui, l'Iran n'est pas intéressé à accorder à l'administration de Donald Trump une période de calme avant les élections. L'agence Mehr, affiliée aux Gardiens de la révolution, a également présenté la situation comme un piège politique pour le président américain : s'il poursuit la confrontation, il risque d'aggraver la pression économique et politique ; s'il recule ou choisit de réduire les tensions, cela pourrait être perçu par ses partisans comme une concession sur ses promesses.

En Iran, on suit de près les sondages d'opinion aux États-Unis et les développements au sein du Parti démocrate. Selon le rapport, des responsables et des personnalités médiatiques à Téhéran lient une baisse possible de la popularité de Donald Trump aux prix du pétrole, aux coûts de la guerre et aux craintes américaines d'un nouvel enlisement prolongé au Moyen-Orient.

Il y a aussi ceux qui espèrent qu'une défaite républicaine aux élections au Congrès limitera la capacité de Donald Trump à poursuivre sa ligne dure. L'ancien diplomate iranien Mostafa Zahrani a estimé qu'une telle défaite pourrait rendre difficile pour le président le retour sur la voie de la guerre et le pousser à prendre les négociations plus au sérieux.

Cependant, tout le monde à Téhéran n'est pas convaincu que parier sur la future faiblesse de Donald Trump soit la bonne stratégie. Le professeur Nasser Hadian de l'Université de Téhéran a averti qu'attendre les élections pourrait s'avérer être une erreur. Selon lui, l'affaiblissement politique de Donald Trump pourrait en réalité réduire son incitation à parvenir à un accord avec l'Iran et accroître sa dépendance à l'égard des pressions exercées par Israël et d'autres parties.

Ce débat illustre le dilemme iranien : exploiter la situation actuelle pour parvenir à un règlement, ou gagner du temps dans l'espoir que la politique américaine fasse une partie du travail à leur place. Quoi qu'il en soit, selon le rapport, à Téhéran, on ne considère plus les élections de mi-mandat aux États-Unis comme un simple événement interne. De leur point de vue, novembre pourrait devenir une partie intégrante des négociations elles-mêmes, et une arène supplémentaire dans la lutte contre Donald Trump.

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