Le véritable test de Gofman : non pas qui il nommera, mais quelle institution il construira

Sur fond de turbulences au sommet, le nouveau chef du Mossad est appelé, dès le début de son mandat, à reconstruire les capacités de l'organisation, à l'adapter aux défis changeants de la région et à la préparer à la prochaine campagne. Étant donné qu'une part non négligeable des capacités de l'organisation a été épuisée, son test résidera moins dans l'usage de la force que dans sa capacité à la reconstruire.

WallaAuteur : Amir Bohbot
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Le véritable test de Gofman : non pas qui il nommera, mais quelle institution il construira
Photo : צילום: Walla.co.il

Le chef du Mossad, Roman Gofman, a pris ses fonctions le 2 juin 2026. Cependant, la période écoulée depuis est marquée par un bruit médiatique important, ce qui est inhabituel pour une organisation secrète. Cela découle en partie de la décision du Premier ministre, Benyamin Nétanyahou, de nommer ce jeune Alouf à la tête du Mossad, et en partie de trois décisions de nominations au sommet de l'organisation.

Ces nominations sont perçues de manière controversée, notamment au sein de la communauté du renseignement. D'anciens hauts responsables s'étonnent de la rapidité des événements, tandis qu'une partie du public manifeste un intérêt marqué. Quelques jours après sa prise de fonction, Gofman a provoqué la première tempête médiatique en montrant la porte à son adjoint. Certains diront qu'il s'agissait d'une démarche naturelle, mais les autres changements de personnel ont suscité des tempêtes médiatiques similaires.

La période sous la direction de l'ancien chef du Mossad, Dadi Barnea, a été riche en défis d'ampleur historique, en succès et en tensions. Des questions non résolues referont certainement surface le jour où une commission d'enquête d'État sera créée.

Une part non négligeable des capacités du Mossad a manifestement été épuisée par des opérations menées avec succès. Tout comme Aman a épuisé une part significative de sa banque de cibles lors de l'opération « Rugissement des lions », le chef d'Aman, Shlomi Binder, et ses équipes travaillent 24 heures sur 24 pour affiner et construire une nouvelle banque de cibles ayant un impact dramatique sur le régime extrémiste en Iran.

La critique principale à l'égard de Gofman inclut une exigence de « calme industriel », une forte concentration au sommet de l'organisation et la priorité donnée au renforcement de la force et à la mise en place d'infrastructures innovantes. Cela est jugé nécessaire pour s'aligner sur la politique du gouvernement face à des défis qui ont augmenté de façon exponentielle au cours de l'année écoulée.

Pourquoi est-ce crucial ? Certaines opérations révélées dans les médias étrangers et israéliens ont nécessité 15 à 20 ans de travail. Le Mossad a toujours éliminé des ennemis de haut rang et des titulaires de postes clés, mais la question est de savoir si Gofman réussira à créer une infrastructure large, stable et influente, capable d'entraîner un changement dans l'équilibre stratégique.

Par conséquent, le plus grand défi de Gofman sera le renforcement de la force du Mossad et non nécessairement l'usage de la force. Gofman est arrivé dans une organisation qui est une « famille », et pour stabiliser le système, il doit reconnaître que sa nomination est un événement exceptionnel créant des ondes de choc. Malgré les critiques, certains au sein de l'appareil de sécurité affirment qu'il investit toute son énergie dans l'analyse des processus régionaux et le calcul des étapes stratégiques pour s'adapter à un « nouveau processus ».

Une période si courte s'est écoulée depuis sa prise de fonction que même la meilleure passation de pouvoir ne peut combler des années de fossé pour une organisation vivant dans l'ombre. Afin de produire un processus stratégique correspondant aux capacités de l'organisation, Gofman est tenu de promouvoir un processus significatif de retour d'expérience avec l'ensemble des organisations de la communauté, y compris le grand Tsahal et l'échelon politique.

Le défi est immense, surtout lorsque de nouveaux acteurs défient Israël et l'ordre existant. Le Mossad n'est pas habitué à travailler sur des délais courts — ni du jour au lendemain, ni à l'échelle d'une année. L'organisation a besoin de calme industriel et de personnes qui connaissent le métier. Chaque jour qui passe ne revient pas. De plus, pour convaincre des partenaires étrangers d'une action commune, il faut refléter une capacité prouvée — et non des idées tirées d'un tiroir.

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