Le tueur bidirectionnel : Dornier 335, l'avion de combat surprenant des nazis

Le Dornier 335 « Pfeil » fut une prouesse technique unique de la Seconde Guerre mondiale. Grâce à sa configuration innovante « push-pull », ce chasseur lourd alliait une vitesse exceptionnelle à une puissance de feu dévastatrice.

CalcalistAuteur : Nitzan Sadan
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Le tueur bidirectionnel : Dornier 335, l'avion de combat surprenant des nazis
Photo : Calcalist / צילום: hiv CC BY-SA 4.0 (התמונה עובדה באמצעות AI)

Bonjour, ici le Capitaine. Aujourd'hui, nous allons parler d'un inventeur créatif, d'une invention unique et d'un avion de combat développé pour changer la donne sur le théâtre aérien de la Seconde Guerre mondiale.

Deux configurations de chasseurs

L'arène aérienne de l'époque se divisait en deux catégories principales. La première, les chasseurs légers : des appareils monoplaces, monomoteurs et rapides comme l'éclair, tels que le Spitfire, le Messerschmitt 109 ou le Mustang. Leur conception privilégiait l'agilité, mais ils souffraient d'une puissance de feu limitée et d'une faible autonomie.

La seconde configuration, les chasseurs lourds. Il s'agissait de bimoteurs conçus pour l'interception de bombardiers et les missions longue distance, comme le Messerschmitt 110, le Mosquito ou le Black Widow. Cependant, ils étaient souvent trop lents et encombrants, devenant des proies faciles pour les intercepteurs agiles.

Le concept « Push-Pull »

L'ingénieur Claudius Dornier a proposé une solution : la configuration « Push-Pull » (pousser-tirer). Au lieu de placer les moteurs parallèlement sous les ailes, ils étaient disposés en ligne — un dans le nez, l'autre dans la queue. Cela réduisait la traînée, améliorait l'aérodynamisme et éliminait les problèmes de poussée asymétrique en cas de panne d'un moteur.


Le Dornier 335 « Pfeil »

C'est ainsi qu'est né le Dornier 335 « Pfeil » (Flèche). C'était l'un des avions les plus innovants de sa génération. Malgré un poids deux fois supérieur à celui d'un chasseur moyen, il atteignait des vitesses de 770 km/h. Sa puissance de feu était monstrueuse : une paire de canons de 20 mm dans le nez, un canon de 30 mm dans l'axe de l'hélice et deux autres canons de 30 mm dans les ailes.

Pour assurer la sécurité du pilote, le « Pfeil » était doté du premier siège éjectable opérationnel, car une évacuation classique était mortelle à cause de l'hélice arrière. Malgré ses capacités, le projet a souffert d'un chaos administratif et d'un manque de financement. Seuls 11 appareils ont atteint le front, sans pouvoir influencer l'issue de la guerre.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, la configuration « Push-Pull » a pratiquement disparu de l'aviation militaire, remplacée par les moteurs à réaction. Dans l'aviation civile, elle n'a été utilisée que sur des avions légers comme le Cessna Skymaster, la complexité de maintenance et la nécessité d'un train d'atterrissage très long la rendant peu pratique pour les avions de ligne. Bon vol !

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