"Le terrain de jeu des organisations terroristes" : reportage spécial le long du secteur tendu du Golan syrien
Le projet "Nouveau Moyen-Orient" fortifie le Golan avec des tranchées profondes et des remblais de terre pour entraver l'infiltration terroriste. La 474e brigade maintient neuf avant-postes en profondeur, opérant dans un environnement complexe où la distinction entre civils et combattants est un défi permanent.

Deux ans après le lancement du projet "Nouveau Moyen-Orient", destiné à fortifier toute la frontière entre Israël et la Syrie par des tranchées de quatre mètres de profondeur et de hauts remblais de terre, Tsahal annonce que près de 80 % des travaux sont achevés. S'étendant de la région de Majdal Shams jusqu'au triangle frontalier sud, ces fortifications visent à ralentir et entraver toute infiltration à pied par des forces ennemies.
Selon un officier supérieur du Commandement du Nord, les "points de passage" le long de la frontière sont désormais sous surveillance constante et couverts par l'artillerie. Selon la doctrine opérationnelle de la 474e brigade du Golan, ce dispositif défensif permet aux troupes de se concentrer sur la neutralisation de menaces individuelles, qu'il s'agisse de terroristes isolés ou d'hommes armés.
Un nouveau paradigme sécuritaire
Parallèlement aux travaux de génie, Tsahal a établi un contrôle au sein de la zone de sécurité située au-delà de la frontière, où les forces circulent librement dans les villages syriens. Tirant les leçons des événements du 7 octobre, la nouvelle génération de commandement a abandonné les anciennes hypothèses sur les intentions de l'ennemi. "Nous ne définissons plus notre réponse défensive en fonction de 'qui' est l'ennemi — qu'il s'agisse du Hezbollah, de l'armée syrienne ou d'un groupe djihadiste", explique l'officier supérieur. "La seule question qui compte est celle des capacités de l'ennemi. Cet espace est devenu un terrain de jeu pour les organisations terroristes et les milices. Tout civil ou berger dans la zone peut être armé et constituer une menace."
Dans la ville de Breika, située à 1,5 km de la frontière, les cicatrices de plusieurs années de conflit sont encore visibles sur les maisons délabrées et les murs criblés de balles. Suite à l'effondrement du régime d'Assad fin 2024, Tsahal a pris le contrôle de la zone tampon, gérant désormais la défense de ce secteur.
Défis opérationnels
La 474e brigade maintient actuellement neuf avant-postes et patrouille dans des zones peuplées de civils sunnites souvent hostiles à Israël. Les frictions opérationnelles sont fréquentes ; fin juin, les forces de la brigade ont essuyé des tirs dans la région d'Abadin, dans le district de Daraa, après un incident de jets de pierres. Les troupes ont riposté avec l'appui de mortiers et d'un hélicoptère de combat de l'armée de l'air. Aucune perte n'a été signalée dans les rangs de Tsahal.
"Dans des villages comme Abadin, nous opérons principalement de nuit", précise l'officier supérieur. "Nous ne craignons pas d'être vus ou de rencontrer des locaux. Cependant, notre objectif principal demeure la prévention de toute implantation hostile, tout en veillant à ne pas perturber la routine de la vie civile."




