Le syndicat des employés d'El Al écarte Miri Regev de sa liste de candidats recommandés aux primaires
Le président du syndicat des employés d'El Al a diffusé une liste de candidats recommandés pour les élections au centre du Likoud, dont le nom de la ministre des Transports Miri Regev est absent. Cette décision fait suite à la lutte acharnée des employés des compagnies aériennes israéliennes contre l'installation d'une base de Wizz Air en Israël.

La lutte autour de l'entrée en activité permanente de Wizz Air en Israël prend une tournure politique. Le président du syndicat des employés d'El Al a diffusé aux salariés une liste de candidats recommandés pour les élections au centre du Likoud, et l'absence de la ministre des Transports Miri Regev de cette liste est particulièrement notable.
Selon des sources proches du dossier, l'omission de Regev n'est pas fortuite. Elle survient dans un contexte de vives inquiétudes parmi les employés d'El Al concernant les conséquences de l'éventuelle installation d'une base d'opérations de la compagnie low-cost Wizz Air en Israël. Cette démarche est perçue par les syndicats du secteur comme une menace directe pour les compagnies israéliennes et la sécurité de l'emploi de leurs salariés.
La confrontation autour de Wizz Air a largement débordé, ces derniers mois, le cadre d'une simple discussion professionnelle sur la concurrence et le prix des billets. En février, la Histadrout a déclaré un conflit du travail sectoriel touchant plus de 11 000 employés d'El Al, Arkia, Israir et Air Haifa, ainsi que l'Autorité aéroportuaire. La Histadrout a affirmé que l'établissement d'une base par une compagnie étrangère, sans concertation avec les représentants du personnel, pourrait nuire à la stabilité du secteur.
À l'inverse, Regev a constamment défendu une position opposée, arguant que l'admission d'une compagnie low-cost exploitant une base en Israël permettrait d'accroître la concurrence, de réduire le prix des vols et d'élargir l'offre de destinations. Au plus fort de la crise, elle a même critiqué les compagnies aériennes israéliennes, affirmant que le public était devenu leurs « clients captifs ».
En mai, un tournant s'est produit lorsque Regev a ordonné l'arrêt des négociations avec Wizz Air, après que la compagnie n'ait pas repris ses vols vers Israël à cette période, et a annoncé son intention d'examiner une démarche similaire avec un autre transporteur étranger.
Cependant, du point de vue des travailleurs du secteur de l'aviation, la possibilité même d'établir une base aérienne étrangère en Israël continue de susciter des craintes. Il semble désormais que cette tension se reflète sur la scène politique : dans la liste de recommandations transmise aux employés d'El Al en vue des élections au centre du Likoud, Regev — l'une des figures les plus éminentes du parti et détentrice du portefeuille le plus influent pour le secteur de l'aviation — a été écartée.



