Le retour d'Ayelet Shaked ? La nouvelle manœuvre qui se trame à droite
Un groupe de personnalités publiques et de rabbins travaille à la création d'une nouvelle liste qui s'adressera au sionisme religieux modéré, au public traditionaliste et à la droite étatiste. L'objectif : établir une force indépendante capable de s'intégrer dans le « troisième bloc ».

Une nouvelle tentative de créer un cadre politique à droite, avec Ayelet Shaked en son centre : un groupe de personnalités publiques, de rabbins et de militants politiques travaille à la création d'une liste qui s'adressera au public national-religieux qui ne s'identifie pas à l'aile ultra-conservatrice, ainsi qu'aux électeurs traditionalistes et aux hommes de droite qui estiment ne pas avoir aujourd'hui de foyer politique clair. Dans le cadre de cette démarche, l'adhésion de plusieurs personnalités du sionisme religieux est à l'étude, et par le passé, des contacts ont également eu lieu avec Yuli Edelstein, qui a finalement choisi de rejoindre Gilad Erdan.
Luttes de pouvoir au Likoud
Parmi les noms examinés dans le cadre de cette démarche figurent le député de la Knesset Moshe Solomon, le publiciste et avocat Nadav Haetzni, l'avocate Shavut Raanan et le vice-président du conseil régional de Samarie Dudi Ben Zion. Le nom du rabbin David Stav, président de l'organisation rabbinique Tzohar, est également examiné comme candidat au poste de ministre des Services religieux.
Derrière cette démarche se trouve un groupe de personnalités publiques, dont le rabbin Benny Kalmanzon. Contrairement aux tentatives précédentes, cette fois-ci, les initiateurs cherchent à construire un cadre indépendant et à ne pas s'appuyer sur les partis existants du sionisme religieux. Ils disposent d'un parti enregistré nommé « LeYamin Tzion » (« À droite, Sion »), par lequel il sera possible de soumettre la liste à la Knesset.
Construire un nouveau foyer politique
L'approche renouvelée envers Shaked intervient après qu'une direction différente a été examinée ces derniers mois, avec elle et Edelstein en son centre. Parallèlement, des options ont été examinées pour ajouter des personnalités supplémentaires et créer un cadre qui s'adresserait à un public plus large que le noyau classique du sionisme religieux.
L'organisation s'appuie sur des sondages approfondis menés récemment qui ont examiné le niveau de satisfaction des électeurs du sionisme religieux vis-à-vis de la représentation politique existante. Selon les personnes impliquées, les données indiquent un potentiel parmi les parties les plus modérées du sionisme religieux, aux côtés d'un public traditionaliste et sioniste qui ne trouve pas aujourd'hui de cadre politique clair correspondant à ses positions.
Le grand test : franchir le seuil électoral
Le défi principal pour les initiateurs est de créer une force politique capable de franchir le seuil électoral. Par conséquent, l'une des questions examinées est la possibilité de se connecter avec des personnalités supplémentaires identifiées avec ce qu'on appelle le « troisième bloc ».
Des sources proches des contacts estiment qu'à ce stade, une connexion avec Tropper pourrait produire l'effet le plus significatif. Cependant, selon ces mêmes sources, il lui sera difficile de prendre un risque politique s'il n'est pas convaincu que la démarche augmente de manière significative le nombre total de mandats. Parallèlement, ces mêmes sources estiment que Tropper pourrait préférer attendre les développements dans le « troisième bloc » et examiner une future connexion avec Naftali Bennett ou Gadi Eisenkot.
En revanche, les organisateurs affirment que l'avantage de Shaked réside dans sa capacité à attirer des publics qui ne suivront pas nécessairement Bennett ou Eisenkot : des électeurs plus à droite et un public traditionaliste qui recherche un cadre sioniste mais n'est pas intéressé par un parti ultra-conservateur.
« La seconde révolution sioniste »
Les initiateurs cherchent à positionner la démarche comme une tentative de reconstruire l'agenda sioniste. Dans ce contexte, ils parlent de ce qu'ils appellent « la seconde révolution sioniste » — une série de réformes sur des questions fondamentales telles qu'une constitution, l'enseignement obligatoire des matières de base, les relations entre religion et État, l'économie et la structure du gouvernement. Leur prémisse est que des réformes significatives dans ces domaines ne peuvent être réalisées que dans le cadre d'un gouvernement qui ne dépend pas des partis Haredim.
En fin de compte, la grande question est de savoir si Shaked décidera effectivement de diriger la démarche, et si autour de son nom il sera possible de construire un cadre qui réussira à connecter différentes parties du sionisme religieux, le public traditionaliste et la droite étatiste.



