Le projet pilote dans le sud du Liban est bloqué - et le Hezbollah passe à la guérilla
L'armée libanaise évite de mener des fouilles dans les maisons et les infrastructures terroristes, tandis que les désaccords sur le mécanisme de contrôle retardent le retrait de Tsahal. Le Hezbollah adapte sa tactique : moins de plans d'invasion à grande échelle, plus de petites cellules, d'embuscades et de drones explosifs. Israël exerce une pression américaine, prévenant qu'une escalade avec l'Iran rallumera le front nord.

Il est désormais clair que le mécanisme censé apporter le calme à la frontière nord grince. Le projet pilote dans le sud du Liban, destiné à ouvrir la voie à la démilitarisation du Hezbollah au sud du Litani, au retrait de Tsahal et au transfert des responsabilités à l'armée libanaise, n'avance pas comme prévu.
Au sein de l'appareil de sécurité, on constate que l'armée libanaise rencontre des difficultés importantes et n'agit pas conformément aux objectifs fixés. En raison de limitations juridiques, ses soldats évitent les fouilles dans les maisons et les infrastructures terroristes au sein des villages, préférant se concentrer uniquement sur les espaces ouverts et publics.
Au-delà des difficultés sur le terrain, la racine du problème est politique. Aucun accord n'a été trouvé sur la supervision du travail de l'armée libanaise, les critères à respecter ou les conditions exactes que Tsahal exige pour entamer le retrait. Une proposition visant à faire superviser les opérations par des forces italiennes n'a pas encore abouti.
Cette impasse a deux facettes. D'une part, elle donne à Tsahal une marge de manœuvre vitale pour terminer la mission sur la crête d'Ali-Taher, où des dizaines de terroristes du Hezbollah sont actuellement piégés. Cela permet aux forces d'améliorer leur modèle de maintien, d'établir une infrastructure de contrôle de meilleure qualité et de poursuivre la neutralisation des infrastructures développées par le Hezbollah au fil des ans.
D'autre part, un séjour prolongé dans le sud du Liban soulève des inquiétudes familières quant à un retour aux jours difficiles du passé. Pendant ce temps, les combats sur la crête d'Ali-Taher créent une grande tension au sein du Hezbollah, comme l'a montré la nuit dernière le lancement de deux drones explosifs vers les forces de Tsahal. L'incident s'est terminé sans victimes, un drone ayant été intercepté et le second s'étant écrasé.
Une étude du centre « Alma » souligne un changement profond dans le modèle d'action du Hezbollah. Après que la menace d'une invasion de la Galilée a subi un coup fatal et que l'infrastructure de la force Radwan a été détruite, l'organisation a abandonné les plans systémiques larges pour une activité de guérilla décentralisée en petites cellules, similaire au format observé dans la bande de Gaza.
Les responsables de la sécurité soulignent que le Hezbollah continue de collecter des renseignements sur les soldats de Tsahal, cartographiant les positions et étudiant les méthodes opérationnelles en vue d'un scénario impliquant des infiltrations, des embuscades, des drones explosifs et des engins explosifs.
Pour sortir le projet pilote de l'impasse, Israël tente d'exercer une pression américaine sur le gouvernement libanais et son armée. Les responsables de la sécurité estiment que l'achèvement des opérations de Tsahal sur la crête d'Ali-Taher, parallèlement aux contacts politiques sous médiation américaine, forcera les parties à avancer, à former une force d'application convenue et à fixer des critères clairs.
Au Commandement du Nord, on prépare le terrain pour la saison hivernale et la période des fêtes, notamment par des exercices de combat dans des conditions météorologiques extrêmes. Le niveau tactique se concentre principalement sur la menace des drones explosifs. « Pour le prochain round, nous arriverons mieux préparés », a déclaré un responsable de la sécurité.
Le travail effectué par Tsahal lors de la manœuvre actuelle, débutée avec l'opération « Rugissement du Lion », a endommagé presque tous les systèmes du Hezbollah. En fin de compte, la réalité à la frontière nord reste un dérivé direct de l'équilibre avec l'Iran. Les responsables de la sécurité estiment qu'une escalade entre Washington et Téhéran affecterait immédiatement la scène libanaise. Sur fond de conversations tendues entre le Premier ministre Benyamin Nétanyahou et les ambassadeurs américains, la région atteint à nouveau un point d'ébullition.





