"Le pire des mondes" : la déception amère en Israël et le plan secret contre l'Iran

En Israël, des plans d'urgence sont promus au cas où l'Iran déciderait de poursuivre sa quête de capacité nucléaire, comme le révèlent des sources de sécurité israéliennes sur le site "Al-Monitor".

MaarivAuteur : Eli Leon
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"Le pire des mondes" : la déception amère en Israël et le plan secret contre l'Iran
Photo : Maariv / טראמפ בפסגת נאט"ו על האיראנים הבוגדניים | צילום: שימוש לפי סעיף 27א'

L'incertitude quant à la manière d'interpréter le redéploiement de l'armée des États-Unis dans la région du Golfe et plus près d'Israël conduit Jérusalem à concentrer désormais ses efforts sur la déstabilisation du régime à Téhéran. Parallèlement, des plans d'urgence sont promus au cas où l'Iran déciderait de poursuivre sa quête de capacité nucléaire, comme le révèlent des sources de sécurité israéliennes à notre analyste principal, Ben Caspit, sur le site "Al-Monitor".

Selon eux, la frustration liée à l'attente de la décision des Américains est l'une des raisons pour lesquelles le Premier ministre Benyamin Nétanyahou pousse à l'élaboration de nouveaux plans pour déstabiliser le régime iranien. Selon un rapport du "Wall Street Journal", les États-Unis envisagent de réduire leur présence militaire au Koweït.

De plus, il a été rapporté sur "Al-Monitor" la semaine dernière que l'armée américaine a commencé à redéployer ses forces autour d'Erbil en Irak, en prévision d'un futur retrait. D'un autre côté, des médias en Israël ont rapporté que 10 avions ravitailleurs américains seront bientôt ajoutés aux 30 ravitailleurs déjà stationnés à l'aéroport Ben Gourion et sur des dizaines de bases militaires à travers le pays. Simultanément, le commandant du CENTCOM déplace des forces dans toute la région en préparation d'un ordre possible de la Maison Blanche d'intensifier les frappes en Iran. Ces messages contradictoires rendent difficile pour Israël l'évaluation des plans stratégiques de Washington.

Israël est actuellement contraint de rester sur la touche pendant que le président Donald Trump pèse ses décisions.

"Trump n'a pas donné à Israël le feu vert pour rejoindre la campagne américaine contre l'Iran, et nous ne savons pas exactement ce qu'ils prévoient dans la région", a déclaré une source de sécurité.

Dans ce contexte, le nouveau chef du "Mossad", Roman Gofman, a licencié cette semaine deux hauts responsables de l'organisation : le chef de la division du renseignement et le chef de la division Iran. Un ancien haut responsable du renseignement israélien a expliqué cette mesure par la frustration : "On ne peut pas licencier Trump ou Nétanyahou avant les élections, alors on tire sur les messagers."

Désormais, la force politique de Nétanyahou à l'approche des élections du 27 octobre semble ébranlée, un sondage "Maariv" prédisant seulement 49 sièges pour son bloc. Trump est également préoccupé par une éventuelle défaite aux élections de mi-mandat en novembre. Une source politique de haut rang a déclaré que les discussions dans l'entourage de Nétanyahou expriment une profonde déception face à la guerre :

"Nous avons obtenu ici le pire des mondes. Le régime a complètement perdu sa peur, le projet nucléaire n'a pas été détruit, et l'Iran a pris pied dans le détroit d'Ormuz et financera ainsi le terrorisme."

Israël acceptera-t-il un accord potentiel entre Washington et Téhéran ? En cas de percée nucléaire, une source de sécurité a souligné qu'Israël dispose d'un "droit incontestable à l'autodéfense". Cependant, pour l'instant, Israël a peu de marge de manœuvre. Nétanyahou aura du mal à défier Trump pendant sa campagne électorale et sera contraint de garder un profil bas.

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