Le Pentagone sollicite les start-ups de la Silicon Valley pour reconstituer son arsenal

Face à la guerre avec l'Iran, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a réuni les dirigeants de start-ups technologiques pour une réunion d'urgence. Le Pentagone compte sur leur aide pour reconstituer rapidement ses stocks de munitions de précision.

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Le Pentagone sollicite les start-ups de la Silicon Valley pour reconstituer son arsenal
Photo : Israel Hayom / מערכת THAAD האמריקנית. צילום: AFP

Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a réuni les dirigeants des principales start-ups américaines pour une réunion urgente, afin de discuter de leur contribution à la reconstitution rapide de l'arsenal national, selon un rapport du Washington Post publié ce jeudi.

Cette initiative intervient dans le contexte de la guerre avec l'Iran, qui a rapidement épuisé les stocks de missiles et d'intercepteurs américains. Selon les participants, Hegseth a souligné que ces entreprises joueraient un rôle critique dans le rétablissement de l'inventaire militaire américain.

Cette démarche marque un tournant majeur dans l'industrie de défense américaine. La guerre avec l'Iran consommant d'importantes quantités de munitions de précision, le Pentagone mise désormais sur des entreprises soutenues par du capital-risque pour relever le défi de la production accélérée d'armes.

La réunion a vu la participation de hauts responsables du Pentagone, dont le sous-secrétaire à la Défense Steve Feinberg, le sous-secrétaire à la Défense pour la recherche et l'ingénierie Emil Michael, ainsi que le chef des acquisitions Michael Duffy. Parmi les entreprises invitées figuraient Shield AI (logiciels aéronautiques basés sur l'IA), Anduril (armes autonomes), CoAspire (missiles de croisière) et Castelion (munitions à faible coût).

L'administration de Donald Trump, qui a renforcé ses liens avec la Silicon Valley, a fait de la coopération avec les start-ups un pilier de son processus d'acquisition. Lors de la réunion, Hegseth a interrogé les dirigeants sur les obstacles à l'augmentation de la production. Les participants ont pointé du doigt la lenteur des processus bureaucratiques du Pentagone et les difficultés d'accès au financement initial pour des projets de R&D coûteux.

Cependant, la capacité à passer du prototype à la production de masse reste une interrogation. Jerry McGinn, directeur du Center for Defense Industrial Base au CSIS, a noté : « C'est une chose de construire, et une autre de produire à grande échelle. Peuvent-ils livrer la marchandise ? ».

Selon un rapport du CSIS, environ 10 000 nouvelles entreprises de technologie de défense sont entrées sur le marché depuis 2024, et les entreprises non traditionnelles ont obtenu plus de 120 milliards de dollars de contrats pour l'exercice 2025. L'analyse du CSIS révèle que les stocks d'intercepteurs Patriot sont passés de 2 200 à moins de 827, et ceux des missiles THAAD de 452 à moins de 278.

Les experts avertissent que la reconstitution des systèmes de défense aérienne aux niveaux d'avant-guerre pourrait prendre trois ans ou plus, exposant les États-Unis à des risques accrus pour leurs actifs militaires à l'étranger. Le remplacement des missiles de précision pourrait prendre de quelques mois à un an.

Dans le cadre de ces efforts, le Pentagone prévoit l'achat de 10 000 missiles de croisière bon marché sur trois ans, à partir de 2027. De plus, un contrat a été conclu avec Castelion pour l'achat d'un minimum de 500 missiles hypersoniques « Blackbeard » par an, avec l'objectif d'atteindre 12 000 unités sur cinq ans, sous réserve des certifications d'essai nécessaires.

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