Le nom qui a été évoqué lors des conversations fermées de Nétanyahou : c'est l'homme qui pourrait mener la manœuvre de destitution au sein du Likoud
Dans l'entourage du Premier ministre, on craint que les députés qui seront évincés lors des primaires ne se vengent en soutenant une motion de censure constructive. Le nom principal qui a été évoqué lors des conversations fermées comme étant susceptible de mener la manœuvre de destitution au sein du Likoud : Yuli Edelstein.
Au Likoud, on se prépare déjà au lendemain des primaires, et dans l'entourage du Premier ministre Benyamin Nétanyahou, on tente de réduire à l'avance le risque que les députés en exercice qui seront évincés de la liste ne deviennent un foyer d'organisation politique contre lui. C'est dans ce contexte que Nétanyahou mène des entretiens personnels avec les députés, destinés, entre autres, à comprendre ce qui les préoccupe et ce qu'ils ont l'intention de faire au cas où ils ne seraient pas élus à une place éligible.
Selon des sources au Likoud, Nétanyahou ne veut pas arriver à une situation où sa première conversation avec un député ayant perdu aux primaires n'aurait lieu qu'après la défaite. L'évaluation est qu'une fois qu'un entretien personnel a déjà eu lieu, il lui sera plus facile de revenir vers ceux qui ne seront pas élus, d'entendre de leur part comment ils ont l'intention d'agir et d'examiner ce qui peut être fait à leur sujet.
Derrière ces conversations se cache également une crainte politique évidente : que les députés qui perdront aux primaires, resteront en dehors de la liste et se sentiront blessés, deviennent une cible pour des tentatives de les recruter pour une manœuvre contre Nétanyahou avant même les élections, y compris la possibilité d'une motion de censure constructive. Ces députés continueront à siéger à la Knesset sortante jusqu'aux élections, même après avoir su qu'ils n'ont pas été élus à une place éligible sur la liste du Likoud. Cette possibilité est évoquée lors de conversations internes dans l'entourage de Nétanyahou, mais pour l'heure, il n'y a aucune indication d'une manœuvre organisée qui serait déjà en train de se former.
Lors de ces conversations, le nom de Yuli Edelstein a également été évoqué comme exemple d'une figure autour de laquelle les députés pourraient s'organiser dans un tel scénario. Selon des sources au fait des détails, Edelstein n'a pas l'intention à ce stade de démissionner de la Knesset — un fait qui suscite dans l'entourage du Premier ministre la crainte qu'il puisse devenir une figure autour de laquelle s'organisera une initiative de motion de censure constructive.
La crainte est également liée à la tension croissante autour de la composition de la liste du Likoud. Comme rapporté hier dans le « Maariv », l'interdiction faite aux députés, ministres et vice-ministres en exercice et anciens de se présenter dans le cadre des places réservées aux districts a suscité ces dernières semaines colère et frustration parmi les ministres et députés du Likoud, beaucoup d'entre eux craignant de ne pas faire partie de la prochaine liste.
En toile de fond, il y a aussi la création du parti « Unité » dirigé par Gilad Erdan la semaine dernière, avec le député Yuli Edelstein. Après l'annonce, un certain nombre de députés en exercice et de candidats aux primaires du Likoud, déçus par les places réservées de Nétanyahou et par le changement du système des primaires, ont approché des personnes dans l'entourage d'Erdan et ont sondé la possibilité de rejoindre le parti.
Ces députés s'appuient également sur les résultats d'un sondage « Maariv », réalisé la semaine dernière par l'institut « Agam », selon lequel 14 % des électeurs du Likoud affirment qu'il existe une forte probabilité qu'ils votent pour le parti « Unité » d'Erdan.
Des sources au fait des détails indiquent que dans l'entourage d'Erdan, on examine les demandes. Néanmoins, il a été précisé aux personnes intéressées que quiconque rejoindrait le parti devra s'engager à respecter ses principes fondamentaux, notamment l'engagement de ne pas siéger dans un gouvernement étroit, la promotion d'un recrutement réel des ultra-orthodoxes à Tsahal et le service national pour les Arabes. Le parti « Unité » a répondu : « Nous ne commenterons pas les propos tenus lors de conversations fermées ».
Par ailleurs, la possibilité que Nétanyahou renonce finalement à une partie importante des places réservées qui étaient à sa disposition est également liée à son désir de réduire le nombre de députés en exercice qui seront évincés. Renoncer à une partie des places réservées laissera plus de places pour ceux élus aux primaires et augmentera les chances d'autres députés en exercice d'intégrer la liste.
Selon des sources au Likoud, à cela s'ajoute le fait que Nétanyahou n'a pas encore réussi à recruter une série de personnalités éminentes sur la liste, ainsi que la décision du président des « Démocrates » Yaïr Golan de renoncer au droit de places réservées dans son parti — une manœuvre qui est mentionnée dans les conversations au Likoud comme un facteur qui pourrait également influencer la décision de Nétanyahou. La décision sur le nombre de places réservées que le Premier ministre utilisera en pratique devrait être prise en fonction des résultats des primaires et de l'équilibre des forces qui en résultera.



