« L'accord de La Mecque » : une véritable alliance contre l'Iran ou une simple déclaration de façade ?

Le 7 août 2026, l'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont signé l'« Accord de La Mecque pour la défense commune ». Le document, signé par les dirigeants des trois pays, stipule que toute attaque armée contre l'une des parties sera considérée comme une attaque contre toutes. L'accord couvre la coopération en matière de sécurité, notamment l'entraînement, l'échange d'expertise et le développement de l'industrie de défense.

Now14Auteur : Dr Eddie Cohen
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« L'accord de La Mecque » : une véritable alliance contre l'Iran ou une simple déclaration de façade ?
Photo : Now14 / ראש ממשלת פקיסטן, שהבז שריף | צילום: רויטרס

Le 7 août 2026, l'« Accord de La Mecque pour la défense commune » a été signé entre l'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan. L'accord a été signé par le prince héritier et Premier ministre saoudien Mohammed ben Salmane, le président turc Recep Tayyip Erdoğan et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif. Le traité stipule explicitement que toute attaque armée contre l'un des trois pays sera considérée comme une attaque contre tous. L'accord porte également sur le développement de la coopération en matière de sécurité dans tous les domaines : entraînement, échange d'expertise, industries de défense et augmentation de l'état de préparation.

Tout d'abord, il convient de noter que cet accord est destiné à protéger uniquement l'Arabie saoudite contre l'Iran, les Houthis et les milices irakiennes. Il s'agit d'un accord confessionnel d'États sunnites contre des éléments chiites ou pro-chiites. Cependant, dans les médias arabes, les faits sont déformés et des illusions sont diffusées selon lesquelles l'accord viserait à renforcer la dissuasion collective contre toute agression envers les pays du Golfe. Les commentateurs arabes estiment que la présence du Pakistan (un État nucléaire) et de la Turquie (membre de l'OTAN avec une industrie de défense avancée) renforce cette dissuasion.

Expérience passée : de tels accords réussiront-ils à protéger l'Arabie saoudite ?

Le Qatar a déjà un accord de défense avec la Turquie depuis des années, incluant une base militaire turque sur son sol. Pourtant, lorsqu'Israël a bombardé Doha ou que les Iraniens ont tiré des missiles sur le Qatar, Ankara n'a pas envoyé de brigades et n'est pas entrée en guerre. De plus, l'Arabie saoudite a déjà un accord de défense mutuelle complet avec le Pakistan depuis septembre 2025. Lorsque l'Iran a tiré des missiles et des drones sur des installations pétrolières et militaires saoudiennes, le Pakistan a envoyé quelques avions et soldats juste pour la forme. Les liens entre le Pakistan et l'Iran sont restés excellents et n'ont pas été affectés par cet événement.

Maintenant, après que les accords bilatéraux ont prouvé leur valeur principalement comme outil de relations publiques, les trois pays annoncent une alliance tripartite. Si l'on écoute les trois nouveaux partenaires, ils soulignent que l'accord n'est dirigé contre aucun pays, ne crée pas de front militaire ou confessionnel et n'est pas lié à une course aux armements. Cependant, la vérité est tout autre : l'accord est dirigé contre l'Iran et les Houthis, et il est effectivement perçu comme une OTAN islamique sunnite contre l'Iran et l'axe chiite.

Que pensent les Arabes ?

Les commentateurs arabes définissent l'accord comme extrêmement important, affirmant qu'il mènera à la sécurité et à la stabilité dans la région. Ils soutiennent qu'il n'augmente pas les tensions et ne se fait pas au détriment des relations stratégiques de l'Arabie saoudite avec les pays du Golfe. Le président turc Erdoğan a qualifié l'accord d'étape historique basée sur le principe de la dissuasion collective, notant qu'il est ouvert à l'adhésion d'autres pays aspirant à la paix et à la stabilité.

Et que disent les Iraniens ?

Les Iraniens savent très bien que cet accord est dirigé contre eux. Bien qu'il n'y ait pas encore de déclaration officielle détaillée du Guide suprême, le ton général de Téhéran est celui du dédain pour son efficacité et de la critique de la dépendance saoudienne aux alliances extérieures. Le député iranien Ebrahim Rezaei a qualifié l'accord d'« accord sur papier » qui n'apportera pas la sécurité, tout comme « des années de dépendance unilatérale envers les Américains » n'ont pas réussi à le faire. Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a appelé à l'unité musulmane et à l'autonomie, soulignant l'indépendance vis-à-vis de l'influence occidentale.

En conclusion, le premier test de cet accord sera lorsque les Houthis ou les milices irakiennes attaqueront l'Arabie saoudite. L'évaluation est qu'il n'y aura pas de réponse militaire de la part de la Turquie ou du Pakistan, seulement des condamnations dans les médias. L'expérience montre que tout cela n'est que relations publiques et démonstration de force.

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