La société Kan dépose un recours devant la Cour suprême contre l'amendement à la loi sur les médias
La Société de radiodiffusion israélienne « Kan » a saisi la Cour suprême pour contester une loi réduisant son budget de 25 millions de shekels. Elle dénonce une manœuvre de pression politique.

La Société de radiodiffusion israélienne « Kan » a déposé dimanche une pétition auprès de la Cour suprême exigeant l'annulation d'un amendement indirect à la loi sur les communications. Cet amendement prévoit une réduction annuelle de 25 millions de shekels du budget de la société, destiné à la création, à la culture et au contenu israélien. Dans ce document de 43 pages, la société met en garde contre une démarche gouvernementale qui constitue un « levier de pression politique » et une sanction punitive contre les contenus d'actualité qui déplaisent au pouvoir.
Selon la pétition, la réduction budgétaire était initialement prévue dans le cadre de la fermeture du système « Idan Plus », censée générer 25 millions de shekels d'économies. Cependant, juste avant le vote à la Knesset, à la suite d'une crise de coalition avec les factions ultra-orthodoxes concernant le fonctionnement d'une application alternative pendant le Shabbat, il a été décidé de maintenir le système « Idan Plus » en activité. Ainsi, l'économie sur laquelle reposait la réduction a disparu, mais la baisse du budget de la société a été maintenue dans la loi et approuvée en quelques heures, sans travail professionnel d'état-major.
La société souligne les avertissements exceptionnels des professionnels lors des discussions législatives : le représentant du ministère des Finances a prévenu qu'il était impossible d'estimer les dommages causés à la stabilité de la société, tandis que la représentante du ministère de la Justice a mis en garde contre une atteinte à la liberté d'expression. La pétition souligne également les déclarations du ministre des Communications, Shlomo Karhi, qui a ouvertement admis à la tribune de la Knesset que la réduction visait à nuire aux « informations et actualités » d'un organisme qui, selon lui, diffuse de la « propagande à nos frais ».
Dans le recours déposé par le cabinet d'avocats « Meitar », il est soutenu que transformer le budget en « fouet politique » crée un effet dissuasif sur les journalistes et les créateurs, nuisant à l'indépendance de l'audiovisuel public. Au nom de la société de radiodiffusion, il a été déclaré :
« Le budget de l'audiovisuel public n'est pas un outil de punition et ne constitue pas un levier d'intervention politique dans le contenu journalistique. La pétition vise à protéger non seulement le budget de la société, mais aussi le droit du public en Israël à un service public de radiodiffusion indépendant et libre de toute pression politique. »



