La semaine chargée d'Al-Shara

Une rencontre entre le ministre syrien des Affaires étrangères et le chef du Mossad, le rétablissement de la pleine coopération économique avec les États-Unis et une séance avec le commandant de l'armée kurde dans le pays. La Syrie « tire » dans toutes les directions.

YnetAuteur : Smadar Peri
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La semaine chargée d'Al-Shara
Photo : Ynet / צילום: Ludovic Marin/AFP

La semaine a été riche en activités pour le président syrien Ahmad Al-Shara et son ministre des Affaires étrangères, Assad Hassan Al-Shibani. Dimanche, le chef du Mossad, Roman Gofman, a rencontré Al-Shibani en tête-à-tête ; selon les rapports, cette rencontre a eu lieu à Amman. Chaque détail de cet entretien suscite la curiosité, car son contenu réel n'a pas été révélé. L'implication jordanienne est également fascinante : les Jordaniens, connus pour leur discrétion, maintiennent une coopération sécuritaire avec leurs collègues d'Israël, mais n'ont aucun lien avec le bureau de Benyamin Nétanyahou.

Au milieu de la semaine, le président Donald Trump a surpris tout le monde en annonçant l'annulation de toutes les interdictions de coopération économique entre les États-Unis et la Syrie. Désormais, les investisseurs, propriétaires d'usines et entrepreneurs américains et européens (liés aux États-Unis) pourront faire des affaires comme bon leur semble en Syrie. Ce n'est un secret pour personne que la Syrie a besoin de centaines de millions de dollars pour réhabiliter les bâtiments bombardés, renouveler les exportations et créer des usines industrielles. Jusqu'à présent, Donald Trump insistait — bien qu'il ait affublé le président syrien de titres flatteurs — pour garder le doigt sur l'interrupteur de la « loi César », qui restreint le commerce. À partir de cette semaine, la loi a expiré.

Israël surveille de près le « Palais du Peuple » à Damas, siège des bureaux présidentiels et résidence de la famille Al-Shara. Après que le président syrien a annoncé qu'il n'enverrait pas de forces de sécurité pour mener des combats au Liban contre Daech et les efforts d'expansion iraniens, la Maison Blanche a réagi avec prudence — ni Israël ni la Syrie ne sont prêts à entrer dans une bataille frontale. Comme l'a précisé Al-Shara : « Nous avons assez de problèmes communs avec les Libanais. D'abord, il faut marquer la frontière commune, ensuite lutter ensemble contre la contrebande d'armes et de drogues, et ensuite chacun sera assez aimable pour rester dans son pays ».

La dernière mesure prise par le président syrien, arrivé au pouvoir il y a environ un an et demi, est particulièrement audacieuse. Après des pourparlers exploratoires et des réunions secrètes, le commandant militaire supérieur des Kurdes dans le nord de la Syrie, Mazloum Abdi, a été invité cette semaine à une réunion au « Palais du Peuple », situé sur le mont Mezze à Damas. Ce palais était autrefois utilisé par la famille Assad et sert actuellement de résidence au nouveau président.

Selon le plan, l'armée kurde (plus de 60 000 soldats et deux mille officiers) fusionnera avec l'armée syrienne dans le but de créer une armée cohérente. Abdi entamera désormais une nouvelle ère en tant que l'un des vice-présidents syriens. Il s'est empressé d'annoncer le démantèlement des unités combattantes kurdes et leur fusion dans l'armée syrienne. Il existe un problème de communication non négligeable : les Kurdes parlent leur propre langue et les Syriens ne la maîtrisent pas. Le commandant suprême de l'armée unifiée sera le président Al-Shara. Une solution a également été trouvée pour le fonctionnement des 150 000 femmes combattantes dans les rangs des Peshmergas : elles seront intégrées dans le nord-ouest de la Syrie sous le patronage du ministère syrien de l'Intérieur. Enfin, la politicienne kurde Ilham Ahmed devrait être nommée membre du parlement syrien ou recevoir un portefeuille ministériel.

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