La polémique « Elector » : le nouveau plan du Likoud pour le recensement des électeurs
Face à l'interdiction par la Commission électorale centrale d'utiliser des applications de suivi des électeurs, le Likoud a proposé une alternative technologique fondée sur le principe de « confidentialité dès la conception ».

Dans le cadre de la lutte contre la décision du président de la Commission électorale centrale, Noam Sohlberg, d'interdire l'utilisation d'applications pour transmettre des données sur l'identité des électeurs lors des prochaines élections à la 26e Knesset, le Likoud a soumis aujourd'hui (mardi) une proposition technologique alternative basée sur la « confidentialité dès la conception ».
Au cœur des arguments présentés par l'avocat Ilan Bombach, il est soutenu que l'interdiction sans précédent de signaler l'arrivée des électeurs en temps réel, fixée seulement deux semaines avant les élections, constitue un « changement des règles du jeu en cours de route » et nuit gravement à la capacité des partis à mobiliser leurs partisans le jour du scrutin.
Dans le cadre de la proposition de compromis, le Likoud a proposé un plan qui distingue les types de bureaux de vote : dans les bureaux de vote spéciaux (tels que dans les hôpitaux ou pour les enveloppes doubles), le parti renonce totalement au signalement, tandis que dans les bureaux de vote ordinaires, il est proposé de passer à un signalement par « impulsions temporelles » fixes. Cela signifie que les données sur l'identité des électeurs ne seront pas transmises au siège du parti en temps réel, mais seront regroupées et envoyées par « lots » une fois par période définie, par exemple tous les quarts d'heure.
Ce mécanisme vise à neutraliser la capacité de suivre les mouvements de l'électeur et à empêcher la « surveillance » en temps réel — une question qui était au cœur des préoccupations du président de la Commission électorale centrale concernant la protection de la vie privée. Le Likoud a expliqué que cette solution permet de vérifier quels partisans n'ont pas encore exercé leur droit, sans porter atteinte à la vie privée.
Il a également été soutenu que, selon l'article 39 de la loi électorale, le ministère de l'Intérieur transmet de toute façon aux partis le registre électoral, incluant les noms et adresses, et que la seule donnée ajoutée est le fait même de voter dans un lieu public et ouvert — une action qui ne révèle pas la préférence politique de l'électeur, qui vote secrètement derrière l'isoloir.
Dans le cadre de la proposition de compromis, le Likoud distingue les « bureaux de vote spéciaux », où il est proposé d'interdire totalement l'utilisation d'applications de signalement ou l'extraction de données vers le siège du parti, des « bureaux de vote ordinaires ». Pour les bureaux de vote ordinaires, le parti demande à autoriser ses représentants à transmettre une indication technologique de la réalisation du droit de vote, notamment par la numérisation du formulaire 1000 ou un signalement numérique équivalent.
Le parti propose deux alternatives proportionnées pour ce signalement : la première est le passage d'un signalement immédiat en temps réel à un signalement par « impulsions temporelles » fixes, par exemple une fois par quart d'heure. De cette manière, l'heure de vote spécifique de chaque citoyen reste confidentielle, ce qui neutralise la capacité de suivre les mouvements exacts de l'électeur et empêche « l'élément de surveillance » que la loi sur la protection de la vie privée cherche à éviter.
La deuxième alternative proposée par le Likoud est de poursuivre la saisie des données comme cela a été fait jusqu'à aujourd'hui, mais sous un mécanisme basé sur une architecture de « confidentialité dès la conception ». Ce mécanisme garantit que les informations brutes sur l'identité des électeurs ne seront pas enregistrées sur des serveurs, ne seront pas transférées à des tiers et seront définitivement supprimées immédiatement à la fin du jour du scrutin.
Le Likoud a expliqué que ces solutions équilibrent le besoin de protéger la vie privée du citoyen avec l'intérêt démocratique des partis à s'assurer que leurs électeurs ont exercé leur droit. Les arguments ont été soumis dans un contexte d'opposition farouche des partis de gauche, notamment Yesh Atid, le Parti travailliste et Bleu et Blanc, ainsi que du conseiller juridique du gouvernement, qui cherchent à empêcher totalement ces signalements. Le Likoud a averti que le blocage de la capacité à mobiliser les électeurs nuirait à l'exercice du droit de vote du camp et ferait basculer l'équilibre des forces électorales au dernier moment.



