La course à l'espace s'intensifie : le Japon et la Chine se disputent les échantillons martiens
La mission japonaise MMX est prévue pour un lancement en 2026 afin de collecter au moins 10 grammes sur Phobos, avec un retour des échantillons sur Terre en 2031. Parallèlement, la Chine planifie Tianwen-3, dont l'objectif est de rapporter des échantillons de la surface même de Mars vers 2031.
L'agence spatiale japonaise termine ses préparatifs pour le lancement d'une mission de recherche historique vers les lunes de Mars. Son objectif principal est de collecter des échantillons susceptibles de faire la lumière sur les origines du système solaire et sur le début de la vie sur Terre. La mission sans équipage devrait décoller dans les mois à venir depuis le centre spatial de Tanegashima au Japon.
Selon un rapport de l'agence de presse française, le vaisseau spatial restera en orbite autour de la planète rouge pendant environ trois ans et tentera d'effectuer un atterrissage complexe sur Phobos, l'une des lunes de Mars. Au cours de son atterrissage, il devrait collecter au moins 10 grammes de matériau. Parallèlement, un petit rover robotique baptisé du nom français Idéfix, d'après le célèbre chien de la série de bandes dessinées Astérix, effectuera des observations et analysera la composition du sol à la surface de la lune. Sur le chemin du retour, le vaisseau spatial effectuera également des survols de Déimos, la deuxième lune de Mars, avant que sa capsule d'échantillons ne soit prévue pour atterrir dans les déserts d'Australie vers l'année 2031.
L'objectif scientifique est de trancher un débat de longue date concernant la formation de ces lunes. Une théorie, appelée « hypothèse de l'impact géant », soutient qu'elles se sont formées après qu'un corps céleste soit entré en collision avec Mars avec une grande force. À l'inverse, « l'hypothèse de la capture » suggère que Phobos et Déimos sont en fait des astéroïdes provenant des confins du système solaire, qui ont été capturés par la gravité de la planète. Patrick Michel, un astrophysicien français membre de l'équipe, a noté à l'AFP que la résolution de ce mystère nous aidera à comprendre « comment un environnement propice à la vie s'est développé sur les planètes rocheuses ». Le développement des pieds d'atterrissage du vaisseau spatial a été particulièrement difficile pour les ingénieurs, car la gravité sur Phobos est pratiquement inexistante.
Cependant, le Japon n'est pas le seul pays à avoir les yeux rivés sur notre voisin rouge. Le programme chinois concurrent, nommé Tianwen-3, devrait être lancé vers l'année 2028, et il prévoit de rapporter des échantillons directement de la surface même de Mars dès 2031. Une telle réussite pourrait devancer les Japonais. Parallèlement, le sort du programme de collecte d'échantillons du rover Perseverance de la NASA reste dans le flou, après que le financement de la mission a été effectivement annulé par le Congrès américain et l'administration de Donald Trump, selon le rapport de l'Economic Times.




