La colère contre Donald Trump grandit : 170 000 Canadiens veulent le départ de son ambassadeur
Une pétition officielle déposée au parlement canadien exige que le gouvernement expulse l'ambassadeur des États-Unis, Pete Hoekstra, en raison d'allégations d'atteinte à la souveraineté locale. La pétition reflète le point bas des relations entre les voisins, sur fond de guerre commerciale et de tensions avec l'administration de Donald Trump.
Les relations entre les États-Unis et leur voisin du nord n'ont jamais été aussi tendues, et la colère publique au Canada atteint désormais un point d'ébullition sans précédent. Une pétition officielle déposée au parlement à Ottawa, qui a recueilli en quelques semaines plus de 170 000 signatures, appelle le gouvernement canadien à déclarer l'ambassadeur des États-Unis, Pete Hoekstra, persona non grata et à l'expulser immédiatement du pays.
Selon un rapport du New York Times, cette démarche reflète un creux historique dans les relations diplomatiques entre les deux alliés de longue date, en pleine guerre commerciale intense et face à une tension politique croissante depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
Hoekstra, ancien membre républicain du Congrès du Michigan, est perçu par le public canadien comme un porte-parole direct et sans complexe du président américain. Entre autres choses, la pétition affirme que l'ambassadeur a normalisé les déclarations provocatrices de Donald Trump concernant l'annexion du Canada en tant que « 51e État » des États-Unis, a balayé la frustration des citoyens avec dédain et a même porté atteinte à la souveraineté locale.
Le ressentiment contre Hoekstra s'est intensifié à la suite de réunions tenues par des responsables américains avec des militants séparatistes de la province de l'Alberta, et aussi après que l'ambassadeur a choisi d'inviter à sa résidence officielle pour les célébrations du 4 juillet une militante populiste de droite, condamnée pour avoir organisé le convoi de protestation qui a paralysé la capitale en 2022. Pour tenir un débat au parlement canadien, seules 500 signatures sont nécessaires, et la chef du Parti vert, Elizabeth May, devrait porter cette demande à l'ordre du jour lors de la prochaine session d'automne.
La crise actuelle se déroule sur fond de chute spectaculaire de la confiance des Canadiens envers la puissance du sud. Un sondage du centre de recherche Pew a indiqué que seuls environ 35 % des Canadiens considèrent aujourd'hui les États-Unis comme un partenaire fiable, contre 82 % en 2022, parallèlement à une baisse de plus d'un quart des voyages touristiques des citoyens canadiens au-delà de la frontière. En revanche, dans le milieu des affaires et au sein des organisations commerciales communes, on a défendu l'ambassadeur, arguant que son style direct aide à comprendre les positions de la Maison-Blanche en cette période turbulente et complexe.


