La clé de la paix au foyer : ne soyez pas dans votre bon droit, soyez sage
La paix au foyer ne se construit pas sur la victoire dans les disputes, mais sur la capacité à s'arrêter, à réfléchir et à faire le bon choix. Le rabbin Zamir Cohen explique pourquoi il vaut parfois mieux céder même quand nous avons raison, comment une seule phrase peut construire un pont ou un mur, et ce que l'on peut apprendre de la femme d'On ben Pelet sur la sagesse dans le couple.

Dans une relation de couple, il est très facile de se laisser entraîner dans la question de savoir qui a raison. Qui a dit la chose juste, qui a commencé, qui a été le plus blessé et qui doit s'excuser. Cependant, selon le rabbin Zamir Cohen, la recherche constante de la justice peut devenir l'un des plus grands obstacles sur le chemin de la paix au foyer.
Dans son cours, il propose une règle simple qui, à ses yeux, résume toute une approche de la vie de couple : ne soyez pas dans votre bon droit, soyez sage. La sagesse n'exige pas de l'homme qu'il renonce à ses principes ou qu'il soit d'accord avec tout, mais qu'il regarde au-delà du moment présent et se demande ce qui servira réellement la relation à long terme.
Que peut-on apprendre de la femme d'On ben Pelet ?
Le rabbin commence par les paroles du roi Salomon : « La femme sage bâtit sa maison, et la folle la renverse de ses propres mains ». Selon lui, les Sages ont lié ce verset à deux femmes de la section de Korah : la femme de Korah d'un côté, et la femme d'On ben Pelet de l'autre.
On ben Pelet figurait au début de la section parmi les participants à la dispute contre Moïse, mais par la suite son nom a disparu des événements. Selon les Sages, c'est sa femme qui a réussi à l'éloigner de la confrontation.
Sa sagesse, explique le rabbin, résidait dans le fait qu'elle n'a pas essayé de lui imposer son opinion. Elle ne lui a pas dit qu'il lui était interdit d'y aller et ne l'a pas menacé, mais lui a posé des questions qui l'ont conduit lui-même à la conclusion qu'il n'avait rien à gagner de cette lutte.
Elle lui a demandé ce qui changerait dans sa vie si Aaron restait grand prêtre, et ce qui changerait si Korah prenait sa place. Lorsqu'il a compris que son propre statut ne changerait en aucun cas, il a commencé à voir la dispute sous un autre angle.
C'est, selon le rabbin Zamir Cohen, une différence fondamentale entre celui qui veut avoir raison et celui qui veut être sage. Une personne qui cherche à gagner une dispute peut se concentrer sur la preuve de l'erreur de l'autre partie. Une personne sage essaie de comprendre comment parvenir à un meilleur résultat, même si, en chemin, elle renonce au sentiment de victoire.
Pas seulement ce que l'on dit, mais comment et quand
L'un des outils centraux pour la paix au foyer se trouve, selon le rabbin, précisément dans le langage. Il cite les paroles du roi Salomon « la mort et la vie sont au pouvoir de la langue » et explique que nos mots peuvent changer la qualité de la vie à la maison.
Parfois, l'argument lui-même est tout à fait juste, mais sa formulation le rend blessant et éloigne.
Le rabbin donne l'exemple d'une femme qui sent que son mari ne lui prête presque pas attention lorsqu'ils sont invités chez sa famille. Elle pourrait lui dire : « Si tu ne fais plus attention à moi, je ne viendrai plus là-bas ». Le message est clair, mais il sonne comme une menace et peut créer une résistance.
Il est possible de transmettre exactement le même message d'une autre manière : expliquer que c'était difficile pour elle, qu'elle comprend qu'il est heureux de rencontrer sa famille, et dire que si la prochaine fois il lui donne plus un sentiment d'appartenance et d'attention, il sera beaucoup plus agréable et joyeux pour elle de venir.
Selon le rabbin, le contenu est presque identique, mais le résultat émotionnel est complètement différent.
Le même principe est vrai dans les relations entre parents et enfants. Au lieu de dire à un enfant « si tu ne m'aides pas à ranger la maison, nous n'irons pas faire les courses », on peut dire : « si tu m'aides à finir rapidement, nous pourrons partir plus tôt et nous aurons plus de temps pour les courses ».
Le rabbin décrit nos mots et nos actions comme des matériaux de construction. La question est de savoir ce que nous en faisons : construire un mur qui sépare, ou un pont qui relie.
La sagesse commence par la maîtrise de soi
Selon le rabbin Zamir Cohen, la personne sage se caractérise par deux capacités centrales. La première est de réfléchir avant d'agir. Ne pas demander seulement ce dont j'ai envie en ce moment, mais ce qui est juste et quel sera le résultat plus tard.
La deuxième capacité est la maîtrise de soi. Une personne peut comprendre que sa réaction est nuisible, mais si elle n'a pas la capacité de s'arrêter, la compréhension seule ne suffit pas.
C'est pourquoi le rabbin souligne l'importance de différer la gratification dès le plus jeune âge. Un enfant qui s'exerce à attendre, à se retenir et à respecter l'ordre et les limites apprend progressivement que chaque désir ne doit pas recevoir une réponse immédiate. Cette capacité devient plus tard dans la vie un outil particulièrement important au sein du couple, lorsque la colère surgit et que l'on veut réagir immédiatement.
Parfois, dit le rabbin, la grande sagesse est de reconnaître que ce n'est tout simplement pas le bon moment pour parler. Si le conjoint est en colère ou bouleversé, soulever un sujet sensible à ce moment précis peut déclencher une dispute. On peut attendre, laisser les esprits se calmer et revenir sur le sujet à un moment plus approprié.
Sourire, encouragement et capacité à voir l'autre côté
La paix au foyer ne repose pas seulement sur l'évitement des disputes. Le rabbin souligne également la nécessité de créer activement une bonne atmosphère à la maison.
Selon lui, une personne qui entre dans la maison avec un sourire, s'intéresse au bien-être de son conjoint et donne un sentiment de sollicitude, influence immédiatement l'atmosphère. Il rappelle le verset « comme dans l'eau le visage reflète le visage, ainsi le cœur de l'homme pour l'homme », et explique que l'attitude qu'une personne rayonne lui revient multipliée de l'autre côté.
L'encouragement joue également un rôle significatif. Si le conjoint a acheté un cadeau qui n'est pas exactement au goût de l'autre, on peut choisir de se concentrer sur l'effort, la pensée et le fait qu'il s'en est souvenu. Une réaction dédaigneuse peut le pousser à arrêter d'essayer, tandis qu'une appréciation sincère du geste lui-même peut l'encourager à continuer à donner.
Selon le rabbin, c'est encore le même principe : ne pas demander seulement si j'ai raison de dire que le cadeau n'est pas à mon goût, mais quelle est la manière sage de réagir si je veux construire une meilleure relation.
Trois conseils pour la paix au foyer : céder, céder et céder
Vers la fin, le rabbin rapporte une histoire sur un homme qui s'est tourné vers le rabbin Aharon Yehuda Leib Shteinman et a demandé conseil pour la paix au foyer. Le rabbin Shteinman lui a dit qu'il avait trois conseils : « céder, céder et céder ».
Céder, selon le rabbin Zamir Cohen, n'est pas une faiblesse. Parfois, cela exige une force intérieure bien plus grande que l'insistance. La personne est tenue de supporter un sentiment d'inconfort momentané afin de préserver une chose d'une valeur bien plus grande.
Selon lui, le couple est l'un des domaines les plus importants de la vie d'une personne et il mérite donc un investissement, même lorsque cela exige des efforts, de la patience et de la maîtrise de soi.
Le message principal est simple : il n'est pas nécessaire de gagner chaque dispute, et il n'est pas nécessaire de prouver qui est coupable pour chaque erreur. Parfois, la plus grande victoire est de savoir s'arrêter, de renoncer au dernier mot et de choisir ce qui construit la maison au lieu de ce qui prouve que nous avons raison.




