Des villageois anglais déploient des faux radars tricotés contre les chauffards
Des habitants d'un village anglais fabriquent des faux radars en tricot grandeur nature pour forcer les automobilistes imprudents à ralentir près d'une école.

Les habitants du village anglais de Fillongley, dans le Warwickshire, en ont assez des automobilistes qui roulent à tombeau ouvert dans leurs rues. Plutôt que d'attendre l'installation de véritables radars, ils ont décidé de prendre les choses en main — ou plutôt, sur leurs aiguilles à tricoter.
Les membres du groupe de tricot local « Knit and Natter » ont passé quatre mois à confectionner des poupées grandeur nature, les ont habillées de gilets fluorescents et les ont disposées au bord des routes en tenant des dispositifs simulant des radars de vitesse. L'une des figurines, représentant un soldat de la Royal Air Force, a été placée sous un panneau limitant la vitesse à 30 miles par heure.
Une stratégie en laine efficace
Et le résultat ? Selon les riverains, les conducteurs se font tout simplement avoir. « Depuis que nous les avons installés, nous rions lorsque nous voyons des gens apercevoir la silhouette et penser qu'elle est réelle. On peut vraiment voir les feux de stop s'allumer », a témoigné Heather Badham, membre du groupe et conseillère municipale. Selon elle, si les automobilistes ignorent parfois les panneaux lumineux d'avertissement, ils se pressent de ralentir à la vue d'un radar.
Cette initiative est née à la suite d'une série d'accidents de la route dans la région. D'après les chiffres officiels, onze accidents se sont produits ces quatre dernières années à un carrefour central du village, situé à quelques mètres d'une école primaire. En plus des faux policiers, les habitants ont également disposé des figures tricotées d'enfants tenant des panneaux d'avertissement, des tortues encourageant une conduite lente et même des zèbres tricotés près des passages pour piétons.
Un gardien dérobé
L'histoire a toutefois pris une tournure inattendue lorsqu'un des « policiers » a été volé, à peine deux jours après son installation dans la rue. La statue disparue revêtait une importance toute particulière pour l'une des créatrices, qui l'avait confectionnée en hommage à son père ayant servi dans l'armée de l'air britannique durant la Seconde Guerre mondiale. Les riverains ont lancé un appel pour retrouver la poupée, fruit de nombreuses heures de labeur.
En attendant, les agents tricotés restants montent toujours la garde. Les habitants espèrent que cette démarche incitera à une conduite prudente, tout en soulignant qu'elle ne saurait remplacer des infrastructures de sécurité pérennes. Pour l'instant, du moins à en croire leurs témoignages, un policier en laine réussit là où les panneaux d'avertissement échouent parfois.





