Knesset : les familles du 7 octobre face aux obstacles de la représentation politique

À l'approche des élections à la Knesset, les familles des victimes du 7 octobre connaissent des fortunes diverses. Eyal Eshel et Einav Zangauker ont été écartés, tandis que Yisrael Beytenu a investi Rafi Ben Shitrit et Sharon Sharabi.

YnetAuteur : Liah Gordon
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Knesset : les familles du 7 octobre face aux obstacles de la représentation politique
Photo : Ynet / צילום: REUTERS/Stoyan Nenov, מאיר אבן חיים, מוטי קמחי

À l'approche de la clôture des listes électorales pour les prochaines élections de la Knesset, le paysage politique révèle une réalité contrastée pour les familles des otages, les endeuillés et les victimes du massacre du 7 octobre 2023. Après près de trois ans de mobilisation publique, plusieurs proches ont tenté de passer du militantisme à la représentation politique directe, mais beaucoup ont vu leur chemin vers le parlement bloqué avant même le jour du scrutin.

Portes closes et promesses rompues

Eyal Eshel, dont la fille Roni Eshel, observatrice de l'IDF, a été tuée sur la base de Nahal Oz le 7 octobre, a mené de longues discussions avec Gadi Eisenkot, espérant intégrer la liste du parti « Yashar! ». Finalement, Eshel a été écarté.

Eshel a exprimé sa profonde déception, notamment quant à la manière dont la décision lui a été communiquée :

« J'étais en discussion avec Eisenkot, et je ne m'en cache pas. Nous avons un long historique de rencontres, et je m'attendais vraiment à ce qu'il m'inclue. J'ai été déçu, je ne vais pas mentir. Je pense que je le mérite. À ma grande surprise, j'ai appris par un simple message WhatsApp que je n'étais pas sur la liste. Annoncer cela ainsi, après notre relation étroite, n'est respectueux pour personne. »

Malgré sa déception personnelle, Eshel souligne qu'il considère toujours Eisenkot comme un partenaire pour exiger la création d'une commission d'enquête d'État sur les défaillances du 7 octobre.

De même, Einav Zangauker, mère du survivant de captivité Matan Zangauker, a récemment révélé que le leader du parti « Les Démocrates », Yair Golan, était revenu sur sa promesse de lui réserver une place sur sa liste. Golan s'est excusé publiquement, expliquant avoir renoncé à utiliser ses quotas réservés par respect pour le vote des 113 000 membres du parti.

Par ailleurs, Yonatan Shamriz, leader du mouvement « Kumu » et frère d'Alon Shamriz — otage tué accidentellement par des soldats de l'IDF à Gaza —, a annoncé qu'il ne se présenterait pas à la Knesset, prenant cette décision « le cœur lourd mais en toute sérénité ».

Débats sur la légitimité de la représentation

Au sein des familles des victimes du 7 octobre, il n'existe pas de consensus sur la nécessité d'avoir des « représentants » dédiés au parlement.

Danny Elgarit, dont le frère Itzik Elgarit a été enlevé au kibboutz Nir Oz et est mort en captivité aux mains du Hamas, s'est présenté aux primaires du parti « Les Démocrates » sans obtenir de place éligible. Selon lui, le statut de proche de victime ne donne pas un droit automatique à un siège politique :

« Je ne pense pas que nous ayons besoin d'un "représentant des familles d'otages". Les familles ne forment pas un bloc monolithique. Pour entrer en politique, il faut des compétences et une expérience éprouvées. Je voulais porter un programme axé sur la responsabilité, la valeur de la vie humaine et une commission d'enquête d'État, en accord avec mes valeurs socio-libérales. »

Des candidats en position éligible

Si certaines portes se sont fermées, Avigdor Lieberman, leader de « Yisrael Beytenu », a choisi d'intégrer des figures marquantes liées au 7 octobre en position éligible sur sa liste.

Lieberman a placé en deuxième position Rafi Ben Shitrit, qui a perdu son fils Alroy lors des combats du 7 octobre. En sixième position figure Sharon Sharabi, dont le frère Yossi Sharabi a été enlevé à Be'eri et assassiné en captivité, et dont l'autre frère, Eli Sharabi, a été détenu à Gaza pendant 491 jours avant d'être libéré.

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