Élections à la Knesset : intenses tractations à 72 heures du dépôt des listes
À trois jours de la clôture des listes pour la 26e Knesset, les partis politiques israéliens subissent une pression maximale pour s'unir afin d'éviter la perte de voix sous le seuil d'éligibilité de 3,25 %.

À un peu plus de 72 heures de la clôture du dépôt des listes pour les élections de la 26e Knesset, prévues le 27 octobre, la scène politique israélienne est en pleine ébullition. Marqués par le scrutin de 2022, où 417 000 voix (environ 9 % des suffrages exprimés) avaient été perdues dans des partis n'ayant pas franchi le seuil d'éligibilité de 3,25 %, les candidats font face à une pression sans précédent pour s'unir ou se retirer.
Manœuvres au sein du bloc de droite
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu cherche à garantir qu'aucune voix de son bloc ne soit perdue. Si Bezalel Smotrich (Sionisme religieux) s'est déjà allié à Moshe Feiglin (Zehut), Netanyahu pousse pour une triple alliance incluant le général de réserve Ofer Winter (« Amkha Israël »).
Winter a réitéré cette semaine son refus de toute fusion ou de places réservées sur la liste du Likoud, affirmant que seul un nouveau mouvement, exempt de toute responsabilité dans les défaillances du 7 octobre 2023, peut apporter un réel changement. Selon les sondages, l'alliance Smotrich-Feiglin et le parti de Winter franchiraient séparément le seuil avec 4 à 6 sièges chacun.
De son côté, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir (Otzma Yehudit) a exclu toute alliance, choisissant de faire cavalier seul. Il a néanmoins intégré la députée Tally Gotliv en deuxième position sur sa liste et n'exclut pas d'y ajouter May Golan.
L'opposition prépare des « surprises »
Dans le bloc opposé à Netanyahu, l'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot, à la tête du parti « Yashar ! », a promis des développements politiques d'ici mardi à 22h00.
S'adressant au journaliste Yossi Yehoshua, Gadi Eisenkot a déclaré :
« Je parle avec tout le monde. Nous préparons des surprises pour les trois ou quatre prochains jours. Je suis convaincu que cela se fera pour le bien de l'État d'Israël. »
Une alliance entre Eisenkot et Naftali Bennett reste envisagée. Parallèlement, Yair Lapid réorganise « Yesh Atid », qui se présente cette fois sur la liste de Bennett. Plusieurs députés sortants ont accepté de céder leur place à de plus jeunes figures, telles que Merav Ben-Ari, Naor Shiri, Meirav Cohen et Vladimir Beliak.
Les partis sous le seuil d'éligibilité
Plusieurs figures politiques restent en danger. L'ancien ministre Chili Trooper (« Beit Zioni »), récemment allié à Yoaz Hendel, stagne entre 1,1 % et 3 % dans les sondages, sous le seuil des 3,25 %.
La pression s'accentue également sur Benny Gantz (« Bleu et Blanc »), crédité de seulement 0,4 % à 1,8 % des intentions de vote. Malgré les appels au retrait, Gantz maintient sa candidature. À l'inverse, l'ancien ambassadeur à l'ONU Gilad Erdan a annoncé le retrait de son parti « HaAhdut » afin de ne pas gaspiller les voix de ses électeurs.
Dans le secteur arabe, Balad, Hadash et Ta'al ont convenu de présenter une liste commune. Le parti Ra'am de Mansour Abbas se présentera séparément, intégrant pour la première fois un candidat juif, l'ancien vice-ministre de la Sécurité intérieure Yoav Segalovich.




