Élections en Israël : les partis se disputent les lettres des bulletins de vote
À l'ouverture des enregistrements à la Knesset, les partis israéliens se livrent une bataille discrète pour obtenir les meilleures lettres sur les bulletins de vote, face à la priorité des factions historiques.

La bataille des lettres sur les bulletins de vote
Une campagne électorale est toujours un affrontement majeur entre les partis pour l'idéologie, les électeurs, les nouveaux candidats et les alliances. Mais parallèlement, une autre lutte se joue, presque invisible pour le grand public : la bataille pour les lettres qui figureront sur les bulletins de vote dans l'isoloir.
Pour les partis, il ne s'agit pas d'une simple question technique. La lettre ou la combinaison de lettres est l'un des signes d'identification les plus marquants le jour du vote. Les lettres « Makhal » (Mhl) sont associées depuis des décennies au Likoud, « Shas » (Shs) n'a guère besoin d'explication, tout comme le « Guimel » (G) du Judaïsme unifié de la Torah ou le « Lamed » (L) d'Israel Beytenu. Mais pour ce scrutin, plusieurs nouveaux partis entrent en lice, et tous doivent trouver leur place dans un alphabet politique déjà très encombré.
Les règles du jeu et l'avantage des anciens
Les règles accordent un avantage net aux partis établis. Selon la loi électorale et les procédures de la Commission centrale des élections (CCE), une faction représentée dans la Knesset sortante dispose d'un droit de priorité sur les lettres avec lesquelles elle a concouru lors du précédent scrutin. Tout autre liste souhaitant utiliser une lettre « occupée » doit obtenir l'accord écrit du représentant de cette faction.
Pour les élections de la 26e Knesset, les règles ont été élargies : les listes peuvent désormais utiliser jusqu'à trois lettres au lieu d'une ou deux, afin de faire face à l'afflux de nouvelles candidatures.
Selon un document de la CCE, les droits existants laissent un choix très restreint de lettres disponibles. Parmi les symboles réservés :
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« EMET » (Amt) — qui devrait être utilisé par les Démocrates ;
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« Guimel » (G) — Judaïsme unifié de la Torah ;
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« Pe » (Ph) — Yesh Atid ;
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« Makhal » (Mhl) — Likoud ;
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« Shas » (Shs) — Shas ;
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« Tet » (T) — Sionisme religieux ;
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« Lamed » (L) — Israel Beytenu.
Dans le cas de Yesh Atid, qui se présente cette fois au sein de la liste « Biyachad » dirigée par Naftali Bennett, l'intention est de s'enregistrer sous de nouvelles lettres et de ne pas utiliser le « Pe ». La combinaison historique de Meretz ne bénéficie plus de priorité, le parti n'ayant pas franchi le seuil électoral lors des dernières élections. En revanche, « EMET », historiquement lié au parti Travailliste, reste protégé sous les droits transférés aux Démocrates.
Lettres disponibles et stratégie du secret
Selon le document de la CCE, les lettres actuellement disponibles sont le Bet (B), le Dalet (D), le Zayin (Z), le Yod (I), le Nun (N), le Tsadi (Ts), le Kof (K), ainsi que les lettres finales Khaf (K), Pe (P) et Tsadi (Ts). Bien que le choix paraisse large, certaines lettres sont bien plus attractives que d'autres sur le plan marketing pour les slogans de campagne.
Les nouveaux partis, tels que « Yashar ! » de Gadi Eisenkot, « Imach Yisrael » d'Ofer Winter et le mouvement « Biyachad » de Naftali Bennett, devront choisir leurs symboles. Otzma Yehudit et Noam, qui s'étaient présentés sous l'étiquette « Tet » du Sionisme religieux lors du dernier scrutin, devront également faire valider leurs propres lettres.
Plusieurs nouveaux partis ont refusé de révéler à ynet les lettres qu'ils convoitent, de peur que des rivaux ne les devancent ou ne bloquent leur utilisation. Dans un système où plusieurs listes recherchent des symboles courts et percutants, une seule lettre devient une ressource politique précieuse.
La course aux portes de la Knesset
Cette compétition va se matérialiser concrètement aux portes de la Knesset aujourd'hui. Lors de l'enregistrement préalable, les représentants des partis qui arriveront les premiers pour faire la queue recevront un numéro d'ordre. Cet ordre déterminera la priorité lors du dépôt officiel des listes. En l'absence de droit de priorité sur une lettre, l'ordre d'arrivée sera décisif.
Le principe de la CCE est clair : sous réserve des droits des factions existantes, la liste qui dépose son dossier en premier obtient la priorité sur le choix des lettres disponibles.
L'enregistrement préalable ouvre aujourd'hui à 17h00. Demain à 13h00 débutera le dépôt officiel des listes, qui se poursuivra jusqu'à 17h00. Mardi sera le dernier jour de dépôt : les candidats pourront se présenter de 16h00 à 22h00. La CCE a précisé que le président Noam Sohlberg pourra décider de prolonger le délai jusqu'à minuit, date limite absolue.




