Yoav Kisch demande à la Cour de rejeter la pétition sur les écoles ultra-orthodoxes
Le ministre Yoav Kisch demande à la Cour suprême de rejeter la pétition contre le financement des écoles ultra-orthodoxes, défendant des réseaux où seuls 8 % des profs sont qualifiés.

Le ministre de l'Éducation rejette la pétition sur le tronc commun
Le ministre israélien de l'Éducation, Yoav Kisch, a déposé dimanche sa réponse officielle devant la Haute Cour de justice, réclamant le rejet d'une pétition déposée par l'association « Hiddush – Pour la liberté de religion et l'égalité ». Cette pétition conteste le financement public des réseaux d'enseignement ultra-orthodoxes affiliés aux partis Shas et Yahadut ha-Torah, au motif qu'ils n'enseignent pas les matières obligatoires du tronc commun (mathématiques, sciences et anglais).
Dans sa réponse, le ministre Kisch a nié toutes les accusations concernant l'absence d'enseignement du tronc commun et a soutenu que l'État devait continuer à financer intégralement, voire à augmenter, les budgets de ces réseaux scolaires.
La controverse sur la qualification des enseignants
Le ministre Kisch a demandé à la Cour d'annuler son injonction temporaire et de rejeter la pétition, affirmant que la situation s'était améliorée ces dernières années. Il a présenté des données du ministère de l'Éducation selon lesquelles la majorité des établissements enseignent la majeure partie du tronc commun.
Pourtant, le ministre ne conteste pas le fait que seuls 8 % des enseignants de ces réseaux sont officiellement qualifiés pour enseigner ces matières. Selon lui, lier la qualification des enseignants à la réalité de l'enseignement du tronc commun constitue une « affirmation radicale ».
Tensions politiques et juridiques
Le ministre de l'Éducation a également critiqué la procureure générale, Gali Baharav-Miara, pour avoir transmis les données requises à la Cour, déclarant :
« Il s'agit d'une question politique qui ne devrait pas être traitée en période électorale. »
Cette déclaration intervient alors que le ministre a bloqué la transmission des informations relatives à cette affaire pendant près d'un an, permettant ainsi la poursuite du financement public sur trois années scolaires.
La réaction de l'association Hiddush
La directrice adjointe de Hiddush, l'avocate Yifat Solelim, a vivement dénoncé la position du ministre :
« Le ministre de l'Éducation demande à la Cour suprême d'ignorer l'argent public versé depuis des années pour financer des professeurs d'anglais qui savent à peine écrire l'alphabet, des professeurs de mathématiques qui n'ont jamais étudié cette matière, et des enseignants payés pour les sciences qui ignorent qui est Darwin. »
Selon elle, cette « fiction » dure depuis 27 ans sous prétexte d'une réforme progressive, alors que l'effort principal a consisté à dissimuler la vérité, condamnant des dizaines de milliers d'enfants à la pauvreté et à la dépendance politique.




