Le commissaire rejette les plaintes contre le grand rabbin David Yossef

Le commissaire aux plaintes contre les juges a rejeté les recours contre le grand rabbin David Yossef suite à ses propos controversés sur les femmes dans les mikvés.

Israel HayomAuteurs : אלינור שירקני-קופמן, יעקב הרשקוביץ
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Le commissaire rejette les plaintes contre le grand rabbin David Yossef
Photo : Israel Hayom / הרב דוד יוסף | צילום: יעקב כהן

Le commissaire aux plaintes contre les juges, le juge à la retraite Asher Kola, a rejeté deux plaintes déposées contre le grand rabbin et président du Grand Tribunal rabbinique, le rabbin David Yossef, à la suite de ses propos tenus lors d'une conférence de surveillantes de mikvé. Selon les plaintes, il aurait appelé à réprimander publiquement et à humilier les femmes souhaitant s'immerger sans la présence d'une surveillante.

Cependant, le commissaire a précisé que le rejet des plaintes ne signifie pas que les propos tenus sont jugés acceptables. « Il ne s'agit pas de minimiser la gravité des expressions prononcées », a-t-il écrit. Les plaintes ont été rejetées en raison des limites de compétence de la commission. M. Kola a estimé que ces déclarations relevaient du cœur de la fonction du grand rabbin, les directives halachiques en matière de bains rituels faisant partie des prérogatives du Grand Rabbinat.

Un vide réglementaire et éthique

Le code d'éthique des juges rabbiniques (dayanim) exclut les activités découlant de la fonction de grand rabbin, ce qui a conduit M. Kola à appliquer cette exemption en l'espèce. Les plaintes avaient été déposées par le Centre réformateur pour la religion et l'État et l'association Itim. Selon les plaignants, ces propos dépassent le cadre d'une prise de position halachique et constituent une directive incitant des agents publics à exercer des pressions par des cris et l'humiliation publique.

Ils ont soutenu que ce comportement contrevient aux accords en vigueur et au devoir des prestataires de services de traiter les femmes avec respect et sensibilité. En toile de fond figure un arrêt de la Haute Cour de justice de 2016 validant un accord selon lequel aucune femme ne peut se voir interdire l'immersion sans la présence d'une surveillante. Les directives du ministère des Services religieux stipulent également qu'une telle demande ne peut être refusée.

« Il ne s'agit pas de minimiser la gravité des expressions prononcées. »

Limites de compétence et appel à la régulation

M. Kola a rejeté l'argument selon lequel l'appel à crier et à humilier les femmes exclurait ces propos de l'immunité rabbinique. Il a expliqué qu'il convient de distinguer la nature officielle de la fonction du contenu des déclarations. « L'exemption n'est pas subordonnée à une détermination préalable de la pertinence des propos », a-t-il souligné.

Toutefois, le commissaire a mis en lumière un problème systémique plus large. Il a relevé qu'en l'absence de règles disciplinaires ou d'un code d'éthique spécifique régissant l'activité du grand rabbin, un « vide juridique » persiste quant au contrôle de ses agissements. M. Kola a appelé les autorités compétentes à légiférer clairement sur les devoirs éthiques et disciplinaires des grands rabbins, tout en réaffirmant que sa décision ne valide en rien la sévérité des propos tenus.

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