Jérusalem rejette le gel du projet E1 alors que Londres prépare des sanctions
Le tribunal de Jérusalem a rejeté le gel du projet de construction E1 de 1 234 logements. Cette décision coïncide avec l'annonce attendue de sanctions britanniques contre la politique de colonisation.

Le tribunal de district de Jérusalem a rejeté une demande d'injonction temporaire visant à geler les plans de construction du projet E1, qui prévoit la création de 1 234 unités de logement dans la zone située entre Ma'ale Adumim et Jérusalem. Cette décision intervient le jour même où la Grande-Bretagne s'apprête à annoncer de nouvelles sanctions contre Israël en raison de sa politique de colonisation.
Le tribunal rejette la demande de gel
Le juge Nimrod Flex a estimé qu'un délai important s'écoulerait avant la mise en œuvre de l'appel d'offres et tout changement physique sur le terrain, prévoyant que les recours sur le fond seraient tranchés bien avant. Le tribunal a également souligné que l'État s'est engagé à ne pas invoquer un « fait accompli » lié à l'avancement de l'appel d'offres. De plus, le cahier des charges de l'appel d'offres précise clairement aux soumissionnaires que des procédures judiciaires sont en cours et que leurs droits dépendent de la décision finale de la justice.
La demande d'injonction avait été déposée le mois dernier dans le cadre de trois requêtes conjointes contre le projet E1, portées respectivement par les organisations « Ir Amim », « Bimkom - Planificateurs pour les droits de l'homme » et « La Paix Maintenant », cette dernière agissant aux côtés de résidents palestiniens locaux. Les requérants contestaient la publication de l'appel d'offres sans préavis, affirmant qu'elle violait un engagement du parquet général.
Les organisations requérantes ont réagi à la décision du tribunal :
« Malheureusement, le tribunal fait le jeu du gouvernement, qui profite de la fin de son mandat pour imposer des faits accomplis et créer une réalité destructrice difficile à corriger. L'avancement du projet E1 va approfondir l'annexion et ruiner toute perspective de solution politique. »
Condamnations internationales et sanctions britanniques
L'approbation du projet E1 par le ministre des Finances Bezalel Smotrich le mois dernier a suscité une vive réprobation internationale. Une coalition de 21 pays, dont la France et la Grande-Bretagne, a qualifié cette mesure de « coup de grâce » pour un futur État palestinien. Les ministres des Affaires étrangères de pays tels que l'Australie, le Canada, la France, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni ont signé une déclaration commune qualifiant le plan d'« inacceptable et de violation flagrante du droit international ».
La Grande-Bretagne devrait annoncer aujourd'hui des sanctions contre Israël lors d'un débat parlementaire à Londres prévu entre 14h00 et 16h00, heure locale. Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a déjà réclamé l'expulsion de l'ambassadeur britannique en Israël, déclarant : « Nous ne serons pas un paillasson sur lequel on marche ».
Londres hésite entre des mesures économiques ciblant les produits issus des colonies (y compris de Jérusalem-Est et du plateau du Golan), des sanctions individuelles contre des citoyens israéliens, ou une combinaison des deux. Le secrétaire d'État britannique aux Affaires étrangères, Ed Miliband, a confirmé que son gouvernement étudiait des mesures pour empêcher le commerce avec les colonies. Selon les évaluations israéliennes, un élargissement de l'embargo britannique sur les armes est peu probable à ce stade.
À Jérusalem, les autorités préparent une réaction ferme, accusant le gouvernement britannique d'ingérence dans la politique intérieure israélienne et dans la campagne électorale en cours.




