La journaliste Rula Jebreal suscite l'indignation après avoir traité Hakeem Jeffries de « singe de l'AIPAC »
La journaliste Rula Jebreal fait face à de vives condamnations de la part d'élus démocrates et du Congressional Black Caucus après avoir tenu des propos racistes à l'encontre du leader parlementaire Hakeem Jeffries.

Une vive tempête politique a éclaté aux États-Unis à la suite de propos injurieux tenus par la journaliste Rula Jebreal, connue pour ses positions très critiques envers Israël. Lors d'une émission du podcast « The Left Hook », Jebreal a qualifié le chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries — l'un des politiciens noirs les plus influents du pays —, de « singe de l'AIPAC » et de « coursier ».
Ces déclarations ont déclenché une vague de condamnations de la part des législateurs démocrates et du Congressional Black Caucus (le groupe des élus noirs du Congrès), qui ont dénoncé une rhétorique explicitement raciste. Face au tollé général, Jebreal a publié des excuses publiques pour le choix de ses mots, tout en maintenant ses critiques concernant les liens du parlementaire avec le lobby pro-israélien.
Les détails de l'incident en direct
L'incident s'est produit lors d'un entretien mené par l'animateur du podcast, Wajahat Ali. La discussion portait sur le soutien américain à Israël et les relations entre les élus de Washington et l'AIPAC, le principal groupe de pression œuvrant aux États-Unis pour renforcer les liens avec l'État hébreu. Au cours de l'échange, Jebreal a choisi de cibler personnellement Jeffries :
« Son nom est Hakeem. "Hakeem" est un nom arabe qui signifie "guérisseur". Il n'est pas un guérisseur, il divise. C'est un singe acheté et payé par l'AIPAC. Avec tout le respect que je lui dois — et je ne dis pas cela de manière raciste. Il est en fait un coursier, et nous en avons assez. »
L'animateur a immédiatement interrompu la journaliste pour souligner la gravité de ses propos :
« Je sais que vous vous êtes reprise, Rula, mais je veux juste revenir là-dessus. L'utilisation du mot "singe" à l'égard d'une personne noire est porteuse d'une terrible connotation raciste. Mais je pense que vous vous êtes rendu compte de votre erreur et que vous avez précisé que ce n'était pas par animosité raciale. »
En réponse, Jebreal a tenté de se justifier en évoquant une métaphore populaire :
« Ce n'est pas ce que je voulais dire. Il y a ces trois singes — un qui n'entend pas, un qui ne voit pas, un qui ne parle pas. Cela m'a rappelé ces trois singes. »
Condamnations unanimes au Congrès et accusations de double standard
Cette tentative d'explication n'a pas apaisé les tensions et a suscité une condamnation ferme et sans équivoque du Congressional Black Caucus :
« Soyons clairs, il n'y a pas de manière non raciste de qualifier le leader Jeffries — un homme noir — de "singe" ou de "coursier". C'est ce qui arrive lorsque nous plaçons la barre si bas dans notre débat public : les gens se sentent à l'aise pour être ouvertement racistes. Nous devons cesser de donner une tribune et de diffuser le racisme anti-noir, qu'il vienne de la droite ou de la gauche politique. »
D'autres figures démocrates du Congrès ont rejoint les critiques. Le représentant Joe Neguse a souligné que cette rhétorique raciste et grossièrement injurieuse devait être condamnée par tous, sur l'ensemble de l'échiquier politique.
Le représentant Ritchie Torres s'est montré encore plus incisif, pointant du doigt un double standard au sein de la gauche américaine :
« Traiter un homme noir de "singe" est raciste. Point barre. Si Wajahat Ali et Rula Jebreal appartenaient à l'extrême droite, personne à l'extrême gauche n'aurait le moindre problème à les condamner pour avoir déshumanisé un homme noir avec des clichés racistes. Le silence est assourdissant. »
Des excuses publiques teintées de critiques politiques
Après la diffusion de la séquence sur les réseaux sociaux et face à l'indignation générale, Jebreal a publié un message d'excuses. Elle a reconnu que l'expression utilisée était totalement inacceptable, tout en continuant de s'en prendre à la ligne politique de Jeffries :
« Je suis dégoûtée et horrifiée de voir qu'Hakeem Jeffries reçoit de l'argent de l'AIPAC en plein milieu du génocide perpétré par Israël en Palestine. Cependant, le terme que j'ai utilisé pour le décrire était inapproprié et offensant, et n'aurait jamais dû être prononcé. Je présente mes excuses inconditionnelles. »




