Les leaders politiques israéliens dévoilent leurs plans pour la police
Lors d'une conférence sur la démocratie, les dirigeants politiques ont présenté leurs propositions pour réformer la police face à la hausse de la criminalité, l'opposition réclamant le limogeage d'Itamar Ben Gvir.

Face à la hausse spectaculaire de la criminalité, du nombre d'homicides et aux critiques croissantes contre le ministère de la Sécurité nationale, les principaux dirigeants politiques israéliens ont présenté leurs propositions de réforme. Lors de la conférence « L'heure des choix : démocratie et société », organisée par ynet et le Yedioth Ahronoth en partenariat avec l'Institut de la démocratie d'Israël, ils ont exposé leurs plans pour restaurer la police.
Gadi Eisenkot : Rappeler des milliers de policiers démissionnaires
Le chef du parti Yeshar!, Gadi Eisenkot, a insisté sur la nécessité d'une direction professionnelle et d'un recrutement massif :
« Après le ministre de la Sécurité nationale le plus incompétent de l'histoire d'Israël, il faut nommer un professionnel capable d'agir plutôt que de parler. Il faut ensuite allouer des budgets conséquents et rappeler des centaines, voire des milliers de bons policiers qui ont démissionné ces cinq dernières années. »
Naftali Bennett : Recréer le cabinet de lutte contre la criminalité
Le leader de Behad, Naftali Bennett, a réclamé le limogeage immédiat d'Itamar Ben Gvir et le rétablissement du cabinet ministériel spécialisé :
« Sous mon gouvernement, nous avons réduit les homicides de 20 %. Puis Ben Gvir et Netanyahu sont arrivés. Ils ont démantelé le cabinet et l'équipe de Yoav Segalovich. Le nombre de meurtres est passé de 148 à 300 en un an, et ne cesse de croître depuis. »
Bennett a dénoncé le racket généralisé qui frappe les commerces à Hatzor HaGlilit et Beer-Sheva, qualifiant la situation de faillite historique du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Avigdor Lieberman : Mobiliser le Shin Bet et le fisc
Le président d'Yisrael Beytenu, Avigdor Lieberman, a affirmé que le ministère de la Sécurité nationale n'était plus en mesure de gérer seul la crise, citant un récent assassinat ciblé à Césarée :
« Une exécution digne des cartels mexicains a eu lieu en plein jour, à trois minutes de la résidence du Premier ministre. Nous devons créer un état-major de sécurité nationale intégrant le Shin Bet, le fisc, le ministère de la Justice et le parquet. »
Lieberman a proposé le député druze Hamad Amar pour succéder à Ben Gvir.
Bezalel Smotrich : Des lois draconiennes contre les armes illégales
Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, s'est concentré sur la prolifération des armes à feu dans le secteur arabe, qualifiant le million d'armes illégales de menace majeure pour la sécurité nationale :
'« Nous devons modifier le cadre légal. Il faut une législation qualifiant la détention d'armes illégales de terrorisme, permettant d'impliquer le Shin Bet. Si une arme est trouvée chez vous ou dans votre voiture, vous devez aller en prison sans autre preuve requise. »
Smotrich a proposé de porter la peine pour trafic d'armes à 20 ans de prison, tout en poursuivant la lutte contre l'argent noir.
Yair Golan : Une force d'intervention interministérielle
Le leader des Démocrates, Yair Golan, s'est montré confiant quant à la réorganisation de l'institution :
« Nous prévoyons de créer une force d'intervention gouvernementale dirigée par un procureur, regroupant tous les ministères concernés. Ce programme de travail multidimensionnel nécessite un budget d'au moins un milliard de shekels. Redresser une organisation hiérarchique comme la police est tout à fait réalisable. »
Yaakov Asher : Responsabiliser les dirigeants de la communauté arabe
Le député de Judaïsme unifié de la Torah, Yaakov Asher, a appelé à dépolitiser la police tout en pointant la responsabilité des leaders de la communauté arabe :
« La police doit agir, mais nous ne voyons aucune condamnation de la part des dirigeants de la communauté arabe face à ces dérives. Lorsque je présidais le comité de sécurité routière, le taux de conduite sans permis y était massif, sans qu'aucun représentant local ne s'y oppose pour éduquer sa communauté. »




