Le futur ministre israélien des Affaires étrangères face au risque de sanctions européennes
Le prochain ministre israélien des Affaires étrangères devra affronter une crise diplomatique majeure en Europe, marquée par des projets de sanctions et de boycotts. Le poste sera disputé entre Gideon Sa'ar, Israel Katz, Yair Lapid et Avigdor Lieberman.

Le statut international d'Israël s'annonce comme l'un des défis les plus complexes pour le prochain gouvernement. Après des années de guerre, des frictions avec les gouvernements occidentaux et de vives critiques sur la politique israélienne en Cisjordanie, les relations avec plusieurs pays européens ont atteint un point historiquement bas. Dans certaines capitales, les autorités ne se contentent plus de simples condamnations verbales.
Ces derniers mois, des discussions se sont intensifiées en Europe concernant l'adoption de sanctions contre Israël, notamment en réponse aux projets de construction dans la zone E1. Selon des sources diplomatiques, le calendrier de ces mesures fait débat. Certains responsables européens craignent que l'imposition de sanctions avant les élections israéliennes ne favorise le Premier ministre Benjamin Netanyahu et les partis de droite, en étant perçue comme une ingérence extérieure.
Le virage britannique et les tensions quotidiennes
Contrairement à d'autres pays européens, le Royaume-Uni s'apprête à passer à l'action. Le gouvernement du Premier ministre Andy Burnham devrait promouvoir une interdiction du commerce des produits—et dans certains cas, des services—provenant des colonies de Cisjordanie. Londres étudie également d'autres mesures dans le cadre d'un changement plus large de sa politique envers Israël. Les relations entre Jérusalem et Londres sont actuellement qualifiées de pires depuis des décennies.
Cette détérioration diplomatique se fait également ressentir au quotidien. Ces derniers mois, les signalements d'Israéliens s'étant vu refuser des services ou des hébergements en Europe en raison de leur nationalité se sont multipliés. En Allemagne, une enquête a été ouverte après qu'une famille israélienne a reçu un message d'un hôtel en Bavière indiquant que les Juifs n'y étaient pas les bienvenus.
Dans ce contexte, l'identité du prochain ministre des Affaires étrangères revêt une importance cruciale. Le futur titulaire du poste devra non seulement gérer les relations avec Washington et les pays de la région, mais aussi freiner les sanctions européennes, restaurer les liens avec les pays partenaires et influencer l'opinion publique internationale.
Scénario A : Un gouvernement de droite
Si Benjamin Netanyahu parvient à former une nouvelle coalition, le candidat naturel pour rester à la tête de la diplomatie est l'actuel ministre des Affaires étrangères, Gideon Sa'ar. Ce dernier souhaite conserver son portefeuille pour poursuivre sa stratégie axée sur l'élargissement du cercle des pays alliés, en particulier en Amérique latine.
Gideon Sa'ar a défini l'année 2026 comme « l'année de l'Amérique latine » pour son ministère. Sous son mandat :
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Les relations diplomatiques avec la Bolivie ont été rétablies après des années de rupture.
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La Colombie a pleinement rétabli ses liens et a décidé de transférer son ambassade à Jérusalem, portant à neuf le nombre de pays ayant leur ambassade dans la ville.
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Israël et les États-Unis ont mis en place un dialogue stratégique conjoint sur l'Amérique latine.
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Un rapprochement a été amorcé avec le Venezuela, avec un accord en août pour rétablir les services consulaires, 17 ans après la rupture des relations.
Cependant, le ministère des Affaires étrangères pourrait faire l'objet d'une lutte interne au sein du Likoud. Le ministre de la Défense, Israel Katz, qui a déjà occupé ce poste à deux reprises, est un candidat potentiel. Bien qu'il préfère rester à la Défense, il pourrait réclamer les Affaires étrangères si les négociations de coalition l'y contraignaient. Benjamin Netanyahu devra alors trancher entre Gideon Sa'ar et un haut responsable du Likoud.
Scénario B : Un gouvernement centriste
Si la prochaine coalition est formée par les opposants à Benjamin Netanyahu, Yair Lapid sera le candidat le plus en vue. Ministre des Affaires étrangères entre 2021 et 2022, il dispose d'une expérience directe et de réseaux solides en Europe et aux États-Unis. Au sein de la liste commune « Be-yahad », il s'impose comme un choix naturel si Naftali Bennett devient Premier ministre.
L'objectif prioritaire de Yair Lapid serait de reconstruire les ponts avec l'Europe. Contrairement à la politique actuelle, qui s'appuie sur quelques pays alliés pour bloquer les décisions défavorables au sein de l'Union européenne, un gouvernement centriste chercherait à rétablir le dialogue avec Bruxelles, Paris, Berlin et Londres afin de prévenir l'émergence de majorités hostiles.
Néanmoins, Yair Lapid n'est pas la seule option. Naftali Bennett pourrait réclamer ce portefeuille s'il n'obtient pas la Défense ou dans le cadre d'un accord de rotation. Enfin, Avigdor Lieberman, chef d'Israël Beytenu et ancien ministre des Affaires étrangères (2009-2012, 2013-2015), reste un prétendant sérieux en fonction des arbitrages de coalition.




