Les diplomates étrangers espèrent un changement politique lors des élections en Israël
Des diplomates européens et arabes espèrent un changement politique lors des prochaines élections en Israël. L'Égypte et la Jordanie envisagent le retour de leurs ambassadeurs, tandis que l'UE gèle temporairement des sanctions.

Attentes en Europe et au Moyen-Orient
À moins de deux mois des élections législatives israéliennes pour la 26ème Knesset, prévues le 27 octobre 2026, les chancelleries internationales suivent de près l'évolution politique à Jérusalem. Lors d'entretiens confidentiels, plusieurs diplomates européens de premier plan ont exprimé l'espoir de leurs gouvernements de voir un changement politique en Israël. Parallèlement, une source diplomatique arabe a révélé que l'Égypte et la Jordanie se préparent à une relance majeure de leurs relations bilatérales si un gouvernement plus modéré venait à être formé.
Un diplomate représentant un grand État européen s'est exprimé sans détour :
« Après quatre ans de marasme dans nos relations, nous attendons un putain de changement. Nous avons baissé les bras depuis longtemps face à ce gouvernement d'extrême droite, qui a réussi à s'aliéner l'ensemble de l'Europe. »
Trois autres diplomates occidentaux estiment que de nombreux pays occidentaux tenteraient de se rapprocher rapidement de Jérusalem en cas de victoire du bloc du changement, allant jusqu'à proposer des incitations diplomatiques au nouveau gouvernement.
Scepticisme et contacts avec l'opposition
Néanmoins, l'un des diplomates a nuancé ces perspectives, prédisant que l'enthousiasme européen pourrait rapidement s'estomper face à un gouvernement dirigé par Gadi Eisenkot ou Naftali Bennett. Selon lui, il reste à prouver en quoi leur politique réelle — de Gaza à l'Iran — différerait de celle menée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Dans ce contexte, plusieurs pays ont déjà établi des contacts avec des figures de l'opposition israélienne. Des diplomates étrangers ont ainsi rencontré divers dirigeants, de Yair Golan à Naftali Bennett.
L'imminence du scrutin influence également les décisions européennes à court terme. Plusieurs diplomates ont confirmé que leurs pays retardent actuellement l'adoption de sanctions contre les implantations ainsi que contre les ministres Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich, afin de ne pas renforcer la coalition sortante avant le vote.
Dynamiques régionales et facteur Trump
Au Moyen-Orient comme en Occident, les acteurs diplomatiques ont acté le fait qu'aucune initiative politique majeure ne verra le jour avant les élections, déplorant une stagnation relative à Gaza, au Liban et en Syrie. Des diplomates arabes et occidentaux redoutent toutefois que le gouvernement actuel ne prenne des mesures unilatérales extrêmes en Cisjordanie, à Gaza ou vis-à-vis de l'Iran avant le scrutin.
Les voisins d'Israël observent la situation avec attention. Une source arabe proche des dossiers régionaux a indiqué que le Caire et Amman espèrent un changement de majorité, révélant que l'Égypte et la Jordanie se préparent à renvener leurs ambassadeurs en Israël si un gouvernement plus modéré est mis en place. Les ambassadeurs égyptien et jordanien avaient quitté Israël durant la guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque terroriste du 7 octobre 2023, entraînant une dégradation marquée des relations bilatérales depuis deux ans et demi.
L'inconnue majeure de ce scrutin reste le président américain Donald Trump, connu pour son penchant à soutenir des candidats de droite à l'étranger. Bien qu'interrogé à plusieurs reprises, Trump s'est abstenu jusqu'à présent d'apporter un soutien public formel à Netanyahu, tout en saluant régulièrement sa gestion du conflit.
Les diplomates européens ont toutefois réaffirmé que leurs gouvernements s'abstiendraient rigoureusement de toute ingérence dans la politique intérieure israélienne et respecteraient le choix démocratique des électeurs.




