Iran : le régime restreint le sport féminin au profit des gardiens de la révolution

Le régime iranien restreint l'accès des femmes aux pistes de course à Téhéran. Une enquête révèle que les infrastructures sportives sont militarisées par les gardiens de la révolution.

Source :Walla
Iran : le régime restreint le sport féminin au profit des gardiens de la révolution
Illustration FilIsrael : AI Generated

Le régime iranien a imposé de nouvelles restrictions aux activités sportives des femmes, leur interdisant l'accès à la piste d'athlétisme en plein air du complexe sportif Keshavarz à Téhéran. Cette décision, applicable dès ce vendredi 23 octobre, les oblige à s'entraîner uniquement dans des salles fermées. Des sportifs ont exprimé leur colère sur les réseaux sociaux, menaçant de boycotter le complexe.

Selon une enquête publiée par IranWire, cette mesure s'inscrit dans le cadre d'une mainmise croissante des entités liées au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) sur les infrastructures sportives du pays. Le 11 octobre, la société de développement et de maintenance des installations sportives avait annoncé la fermeture des complexes Keshavarz et Enghelab, invoquant le respect des normes religieuses et légales.

À la tête du complexe Keshavarz se trouve Elheh Rajabi Pirkuhi, nommée en mars 2025 par Mohammad Ali Sabet-Kadam, dirigeant de la société publique des installations sportives. D'après l'enquête, Sabet-Kadam serait un ancien commandant du CGRI, dont la nomination a été soutenue par les services de renseignement de l'organisation.

Les liens financiers sont également étroits. Le quartier général de construction Khatam al-Anbia, bras économique du CGRI, a obtenu des contrats pour la rénovation du stade Azadi à Téhéran. Depuis 2015, des budgets cumulés de 7,81 billions de tomans, évalués à plus de 368 millions de dollars, ont été alloués, malgré des malfaçons persistantes après la réouverture.

Plus grave encore, les installations sportives ont été détournées à des fins militaires. Des sources indiquent que lors des récents affrontements, les salles du complexe Azadi ont été transformées en casernes pour loger des soldats et stocker du matériel militaire. Une salle de 12 000 places aurait notamment abrité des membres du CGRI.

Enfin, ces fermetures répétées permettent aux autorités de réduire les risques de contestation politique et de protestations dans les tribunes. Les enceintes sportives iraniennes deviennent ainsi des outils sécuritaires et politiques entre les mains du CGRI, pénalisant directement les femmes.

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