"Ils ne nous prendront pas notre plage" : la lutte contre le transfert de la plage séparée dans le nord de Tel-Aviv

Le projet de la municipalité de Tel-Aviv de transférer la plage séparée de Nordau vers une bande située au nord de la plage HaTzuk, près de la frontière avec Herzliya, suscite une vive opposition. Les riverains craignent une perte d'espace public et une saturation des lieux. La municipalité assure que cette mesure vise à améliorer l'accès au littoral dans le centre-ville plutôt qu'à créer une nouvelle zone séparée.

N12Auteur : Adar Gitzis
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"Ils ne nous prendront pas notre plage" : la lutte contre le transfert de la plage séparée dans le nord de Tel-Aviv
Photo : N12 / חוף ים בהפרדה לגברים בתל אביב | צילום: מרים אליסטר, פלאש90

Une nouvelle vague de contestation monte ces dernières semaines autour de l'une des bandes côtières les plus prisées du nord de Tel-Aviv. Au cœur du débat : le projet de déplacer la plage séparée, actuellement située à Nordau, vers une zone côtière au nord de la plage nord de HaTzuk, à proximité de la frontière avec Herzliya. Des habitants du quartier et des villes voisines du Sharon se sont organisés sous le slogan « Gardons la plage HaTzuk ouverte à tous », multipliant les manifestations et créant un collectif sur les réseaux sociaux. Les organisateurs assurent que leur mobilisation ne fait que commencer.

Aujourd'hui, la plage séparée de Tel-Aviv fonctionne dans le secteur de Nordau et constitue le seul lieu de baignade destiné au public religieux et ultra-orthodoxe, avec des horaires différenciés pour les hommes et les femmes. La municipalité envisage de déplacer cette infrastructure plus au nord, arguant que ce transfert permettrait d'ouvrir la bande côtière de Nordau au grand public, de supprimer les murs de séparation et de rétablir la continuité de la promenade urbaine.

La municipalité souligne que la plage nord de HaTzuk elle-même n'est pas censée devenir une plage séparée. L'emplacement à l'étude se situe plus au nord, sur une bande adjacente à la frontière municipale avec Herzliya, où une plage séparée existe déjà. Cependant, cette explication ne convainc pas les opposants. Selon Yoav, un habitant du secteur, les arguments de la municipalité sont trompeurs, car le résultat concret serait la création d'une plage séparée dans la zone même de HaTzuk.

D'autres militants, comme Smadar, s'inquiètent des conséquences sur l'usage actuel du site, fréquenté par des surfeurs, des nageurs, des coureurs et des familles. Les organisateurs de la manifestation soutiennent que la distinction entre la plage HaTzuk et la bande située au nord est artificielle, car toute la zone est actuellement utilisée par le public. « La vaste zone ouverte au nord du restaurant, utilisée aujourd'hui par des milliers de personnes, deviendrait une plage séparée », affirment-ils. Ils précisent que leur opposition ne vise pas le droit du public religieux à disposer d'une plage séparée, mais le choix d'un emplacement qui constitue l'un des derniers espaces ouverts accessibles à tous.

Les opposants préviennent que ce projet pourrait entraîner une augmentation de la densité sur la plage HaTzuk et une pression supplémentaire sur les parkings et les infrastructures locales. De son côté, la municipalité de Tel-Aviv rejette les accusations selon lesquelles elle transformerait la plage HaTzuk en plage séparée. « Les affirmations selon lesquelles la municipalité établit une nouvelle plage séparée sur la plage HaTzuk Nord sont incorrectes et trompeuses », a déclaré la municipalité. Les autorités maintiennent que le projet consiste à déplacer des services existants plutôt qu'à réduire l'accès public au littoral.

Selon des sources municipales, le transfert de la plage séparée depuis Nordau permettrait d'ouvrir une portion importante du littoral dans le centre de Tel-Aviv, recréant ainsi une continuité le long de la plage et de la promenade. Le projet est actuellement au stade de l'examen et de la planification, en coordination avec la municipalité d'Herzliya et les autorités compétentes, avec des aspects tels que la taille de la plage toujours en cours d'évaluation.

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