L'Iran annonce la fermeture d'une zone dans le golfe Persique après des heurts

Le chef de la sécurité iranienne Mohsen Rezaei a annoncé l'établissement d'une zone maritime interdite dans le golfe Persique. Cette décision fait suite au blocus américain ayant effondré les exportations de pétrole de Téhéran et aux récents affrontements.

Now14Auteur : Efrat Brinner
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L'Iran annonce la fermeture d'une zone dans le golfe Persique après des heurts
Photo : Now14 / מצר הורמוז | צילום: שאטרסטוק

L'Iran déclare une zone interdite dans le golfe Persique

La confrontation maritime autour du détroit d'Hormuz franchit un nouveau palier et menace de se transformer en un conflit direct et global pour la liberté de navigation dans le golfe Persique. Mohsen Rezaei, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale de l'Iran, a annoncé dimanche que Téhéran définirait prochainement une « zone interdite » à la circulation des navires, s'étendant de la ligne de blocus naval américain vers l'intérieur du Golfe. Cette déclaration intervient en pleine escalade des tensions militaires et après une série d'incidents armés en mer ces derniers jours.

Dans ses déclarations, Rezaei a évoqué les tentatives de navires de se faufiler sous le couvert de l'obscurité. Selon lui, la partie américaine déploie des équipages hautement qualifiés et investit des ressources considérables pour effectuer des passages nocturnes clandestins, notamment en éteignant les systèmes de communication et d'identification. Rezaei a souligné que bien que certains navires réussissent à passer ainsi, ils deviennent tous des cibles immédiates pour les forces iraniennes. Il a insisté sur le fait que le passage de navires isolés ne signifie pas la réouverture du détroit, précisant que Téhéran n'autorise le transit que pour les navires transportant des biens essentiels et des denrées alimentaires selon ses besoins.

Menaces de frappes et préoccupations écologiques

Concernant l'éventualité d'une escalade extrême et du naufrage de navires, Rezaei a expliqué qu'aucune décision officielle n'avait encore été prise pour couler les navires hostiles, afin d'éviter des marées noires et une catastrophe écologique majeure qui toucherait également les côtes iraniennes. Il a néanmoins lancé un avertissement sévère :

« Aucun de ces navires ne sortira de la zone indemne, ils seront absolument frappés. »

Ces menaces s'appuient sur des mesures déjà concrétisées sur le terrain. Il y a tout juste quatre jours, Téhéran a ajouté 11 navires supplémentaires à sa liste noire, qui comprend désormais 56 pétroliers, transporteurs de gaz naturel liquéfié (GNL) et autres navires énergétiques qualifiés de contrevenants. L'Iran a prévenu que des sanctions seraient également appliquées aux navires leur venant en aide, y compris pour des transferts de cargaison en haute mer.

Ces restrictions paralysent déjà l'activité dans la région. Mardi dernier, seuls quatre navires commerciaux ont été enregistrés traversant le détroit, contre dix la veille et une moyenne quotidienne d'environ 13 navires au cours des dix jours précédents (bien que la réalité puisse différer en raison de la pratique des navires consistant à couper leurs émetteurs).

Affrontements directs et impact économique

En parallèle, le conflit militaire direct a donné lieu à des échanges de tirs ce week-end. Le Commandement central de l'armée américaine (CENTCOM) a confirmé que ses forces avaient frappé trois pétroliers iraniens, en réponse à des tirs de missiles balistiques depuis Téhéran vers un porte-avions et un destroyer américains, qui ont esquivé les attaques sans faire de victimes. De son côté, l'Iran a annoncé avoir ciblé des pétroliers ayant dévié vers une « route non autorisée ». Aujourd'hui, Téhéran a également prétendu avoir touché un drone de surface américain se dirigeant vers le détroit, une affirmation catégoriquement démentie par l'armée américaine qui l'a qualifiée de mensongère.

La crise actuelle pèse lourdement sur les marchés internationaux. Le baril de pétrole Brent a clôturé la semaine à 96,28 dollars, un sommet depuis le 24 juillet, contre environ 70 dollars avant le début de la guerre.

La pression sur Téhéran est particulièrement forte en raison du blocus naval américain imposé à la mi-juillet. Ce blocus a effondré les exportations de pétrole iranien — principale source de devises du pays et canal d'approvisionnement crucial pour la Chine — passant de près de 2 millions de barils par jour en mars à un niveau historiquement bas de 220 000 à 255 000 barils en août.

De plus, une lutte continue contre le minage maritime se déroule dans le détroit. Depuis environ quatre mois, les forces spéciales américaines, aux côtés de sous-marins et de drones sous-marins autonomes, s'efforcent de nettoyer les voies de navigation d'environ 80 mines qui, selon l'Organisation maritime internationale, ont été posées en juin. Bien que le président Donald Trump ait déclaré la semaine dernière que les eaux internationales étaient débarrassées des mines, la sécurité de la navigation reste vivement contestée. L'annonce de Rezaei d'un passage du ciblage de navires isolés à la fermeture d'une zone géographique entière menace d'allumer un conflit militaire encore plus vaste au cœur du Golfe.

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