Sondage Hiddush : 64 % des Israéliens veulent une coalition sans partis orthodoxes
Le 18e indice annuel de la religion et de l'État publié par l'association Hiddush révèle un fossé majeur entre la politique du gouvernement et l'opinion publique juive en Israël.

À la veille des fêtes de Tishri, l'association Hiddush pour la liberté de religion et l'égalité a publié son 18e indice annuel de la religion et de l'État. Les résultats mettent en évidence un fossé profond entre la politique du gouvernement actuel et les positions de la grande majorité de la population juive adulte en Israël.
Selon l'enquête, 64 % des personnes interrogées soutiennent la formation, après les prochaines élections, d'une large coalition civile qui fonctionnerait sans les partis ultra-orthodoxes (Haredim), ou qui les intégrerait sans céder à leurs exigences sur les questions de religion et d'État (telles que l'exemption de conscription, l'interdiction des transports publics le Shabbat et le financement des institutions religieuses).
Cette demande d'une coalition qui ne cède pas aux diktats des partis ultra-orthodoxes transcende les différents secteurs de la société : elle est partagée par 86 % des laïcs, 63 % des traditionalistes non religieux, 60 % des traditionalistes proches de la religion et 45 % des religieux.
Une exigence accrue d'égalité devant le service militaire
La question de l'égalité devant les charges publiques, devenue le point central du débat public et politique depuis le début de la guerre le 7 octobre, enregistre une nette radicalisation de la demande populaire pour une solution globale.
Aujourd'hui, 84 % de la population juive soutient la conscription des étudiants de yeshiva sous une forme ou une une autre (contre 80 % l'an dernier et 75 % en 2022).
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53 % des sondés exigent une conscription complète de tous pour un service militaire régulier ou un service civil essentiel selon les besoins de l'armée.
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31 % des sondés se contentent de quotas d'exemption pour les étudiants d'élite.
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Seuls 16 % du public acceptent aujourd'hui la position ultra-orthodoxe exemptant totalement les étudiants de yeshiva du service militaire.
Il est à noter que même parmi les ultra-orthodoxes, 18 % soutiennent l'instauration de quotas ou une conscription complète.
De plus, le public se range massivement du côté de la Cour suprême et de la conseillère juridique du gouvernement sur la question des sanctions : 66 % soutiennent les mesures d'application — y compris le gel des budgets et l'arrestation des insoumis — contre seulement 34 % qui soutiennent les tentatives du gouvernement de bloquer les arrestations et de contourner les restrictions budgétaires.
Demandes de réformes dans l'éducation et la conscription
La critique publique ne s'arrête pas à la communauté ultra-orthodoxe. Soixante-quatre pour cent des personnes interrogées estiment que les étudiants des yeshivot d'Hesder devraient effectuer un service complet de 30 mois, à l'instar des autres soldats de Tsahal, et que le service abrégé (qui ne dure actuellement que 17 mois) devrait être supprimé.
De plus, 59 % soutiennent l'annulation pure et simple de l'exemption automatique accordée aux jeunes femmes se déclarant religieuses, une pratique qui mène à de fausses déclarations massives. Un groupe de 31 % estime que l'exemption doit être maintenue mais sous un contrôle renforcé.
En matière d'éducation, le public israélien fait preuve d'une intolérance marquée à l'égard du financement des institutions qui refusent d'enseigner le programme de base (Liba) :
« 76 % soutiennent la réduction des budgets des écoles ultra-orthodoxes qui refusent d'enseigner les matières fondamentales et de participer aux examens externes (55 % exigent une suppression totale du financement et 21 % une réduction de 50 %). »
Par ailleurs, 77 % estiment qu'il faut couper tout lien entre les établissements scolaires et les partis politiques, cesser le financement des institutions hors-la-loi et poursuivre les responsables au pénal, notamment concernant les réseaux éducatifs de Shas et de Yahadout HaTorah.
Évolution de la base électorale du Likoud
L'un des enseignements politiques les plus marquants de l'indice montre une transformation profonde de la base de soutien du parti au pouvoir. Il existe un écart significatif entre les électeurs du Likoud lors du dernier scrutin et ceux qui déclarent vouloir voter pour le parti aujourd'hui.
Sur chaque question civile étudiée, les électeurs actuels du Likoud affichent des positions plus conservatrices :
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Soutien à une coalition sans concessions aux ultra-orthodoxes : 54 % chez les anciens électeurs, contre seulement 41 % chez les électeurs actuels.
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Sanctions contre les insoumis : 56 % des anciens électeurs y sont favorables, contre 40 % aujourd'hui.
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Séparation de la religion et de l'État : 44 % des anciens électeurs pour, contre 29 % aujourd'hui.
À l'inverse, concernant les attaques contre le système judiciaire, la tendance s'inverse : alors que 51 % des anciens électeurs du Likoud jugeaient acceptables les critiques contre la Cour suprême et la conseillère juridique, ce taux grimpe à 69 % chez les électeurs actuels.
Confiance dans les institutions de l'État
Malgré les vives attaques des élus, la Cour suprême reste l'institution publique qui inspire le plus de confiance avec 30 % de confiance élevée — soit trois fois plus que la Knesset (10 %), et près du double du gouvernement (18 %) et du Grand Rabbinat (15 %). Toutefois, 43 % des personnes interrogées déclarent n'avoir confiance en aucune de ces institutions.
Concernant les clivages sociaux, 81 % placent la tension entre la droite et la gauche comme l'un des deux conflits les plus graves en Israël, suivie de près par la tension entre ultra-orthodoxes et laïcs (74 %).
Le rabbin Uri Regev, directeur général de Hiddush, a vivement critiqué la classe politique suite à ces résultats :
« Le gouvernement prétend sans cesse représenter la volonté du peuple, et cet indice prouve exactement le contraire. Sur chacune des questions étudiées, une immense majorité du public juif s'oppose à la position du gouvernement. Mais il faut aussi dire la vérité sur le camp du changement : son opposition aux partis ultra-orthodoxes est bien plus motivée par la lutte autour de la loi sur la conscription que par une véritable vision d'un Israël juif et démocratique. Le public ne demande pas un gain ponctuel, il exige la pleine liberté de religion et l'égalité, dans l'esprit de la Déclaration d'indépendance. »
L'enquête de l'indice de la religion et de l'État de Hiddush a été réalisée par l'Institut Smith entre le 13 et le 16 juillet 2026 auprès d'un échantillon représentatif de 800 adultes de la population juive en Israël (marge d'erreur maximale de 3,3 %).




