Isaac Herzog met en garde le Royaume-Uni contre des sanctions visant les implantations
Le président Isaac Herzog a qualifié les sanctions britanniques attendues contre les implantations de « grave erreur de jugement » et d'ingérence démocratique, appelant à privilégier le dialogue constructif.

Herzog met en garde contre une « grave erreur »
Le président israélien Isaac Herzog a vivement réagi mardi aux sanctions que le Royaume-Uni s'apprête à imposer contre les implantations israéliennes en Judée-Samarie, qualifiant cette initiative de « grave erreur de jugement » et d'ingérence dans le processus démocratique israélien.
S'exprimant lors d'un événement célébrant les 30 ans de participation d'Israël au programme de recherche de l'Union européenne Horizon Europe, Herzog a exhorté les gouvernements étrangers à renoncer aux mesures punitives :
« Je dis à tous les gouvernements étrangers : arrêtez ! Éloignez-vous de l'impasse des sanctions et des boycotts. Cela ne servira personne. Cela nuira également directement aux Palestiniens en les privant d'entreprises et d'emplois, et en fin de compte, cela nuira aux intérêts et à la sécurité nationale des nations éprises de liberté. Les sanctions ne sont pas la solution. Le dialogue l'est. »
Selon Herzog, Londres devrait annoncer des restrictions commerciales ciblant les implantations plus tard dans la journée, et d'autres pays pourraient emboîter le pas. Il a qualifié cette décision d'« ingérence flagrante dans les élections démocratiques d'un État souverain ».
Des restrictions économiques d'envergure
Ces déclarations font suite à des informations du New York Times selon lesquelles le Royaume-Uni prévoit d'interdire le commerce des produits fabriqués dans les implantations de Cisjordanie. Les mesures envisagées pourraient inclure des restrictions commerciales sur les biens provenant de Judée-Samarie, de Jérusalem-Est et du plateau du Golan, ainsi que des sanctions contre les entreprises qui contribuent à la construction dans ces zones.
Le secrétaire d'État britannique aux Affaires étrangères, Ed Miliband, a récemment affirmé que son gouvernement étudiait des mesures pour empêcher le commerce avec les implantations. Les responsables israéliens estiment toutefois qu'un élargissement de l'embargo britannique sur les armes ne devrait pas figurer au cœur de cette décision.
Réactions politiques et réciprocité
Jérusalem attend de voir l'étendue exacte des sanctions britanniques, notamment si Londres se limitera à des mesures économiques contre les implantations ou si elle choisira de cibler individuellement des citoyens israéliens.
Par ailleurs, l'Union européenne se montrerait moins encline à adopter de telles sanctions avant les élections israéliennes, estimant qu'une telle démarche pourrait favoriser politiquement le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
La semaine dernière, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa'ar, avait averti lors d'une interview accordée à ynet :
« Si la Grande-Bretagne agit contre l'État d'Israël, l'État d'Israël agira contre la Grande-Bretagne. »
Cette mise en garde faisait suite à l'éventualité de sanctions britanniques liées au projet de construction dans la zone sensible E1, un secteur dont le développement est perçu par les critiques comme un obstacle à la viabilité d'un futur État palestinien.




