La Grèce approfondit ses liens de sécurité avec Israel malgré Ankara
Le chef de la diplomatie grecque Giorgos Gerapetritis a affirmé qu'Athènes poursuivra sa coopération stratégique avec Israel malgré l'opposition turque, fixant des lignes rouges en Égée.
Le ministre grec des Affaires étrangères, Giorgos Gerapetritis, a affirmé mercredi que son pays avait l'intention de poursuivre et d'approfondir sa coopération stratégique et sécuritaire avec Israel, en dépit de l'opposition croissante de la Turquie. Lors d'un entretien accordé à la chaîne SKAI, M. Gerapetritis a déclaré que la Grèce continuerait de développer son partenariat avec Israel, soulignant que ces relations bilatérales apportent une valeur ajoutée considérable, notamment dans les domaines de la sécurité et de la technologie.
Le chef de la diplomatie grecque a mis en avant le savoir-faire de haut niveau détenu par Israel et a rappelé que la collaboration sécuritaire entre les deux nations s'est fortement développée. Interrogé sur la pérennité de ces liens face aux vives tensions entre Israel et la Turquie, il a tranché en affirmant que les alliances internationales ne sont pas dictées par la volonté de pays tiers.
Coopération de défense et équilibre régional
Les liens de sécurité entre Athènes et Jérusalem se sont considérablement renforcés ces dernières années à travers des exercices conjoints, des accords d'armement et une coopération en matière de défense aérienne. La Grèce mène actuellement un vaste programme de modernisation de sa défense aérienne, d'un montant de plusieurs milliards d'euros, s'appuyant en partie sur des technologies israéliennes.
M. Gerapetritis a toutefois tenu à préciser que ce rapprochement avec Israel ne se fait pas au détriment des relations d'Athènes avec les nations arabes. Il a souligné que la Grèce entretient un dialogue stratégique approfondi avec l'ensemble du monde arabe et que ses liens avec les pays du Golfe, l'Égypte, l'Inde, les États-Unis et l'Union européenne sont au beau fixe.
Gestion des tensions avec Ankara
Une grande partie de l'entretien a porté sur la dégradation récente des relations avec la Turquie. Le ministre a confirmé une recrudescence des tensions rhétoriques de la part d'Ankara, précisant qu'Athènes a tenu informés les institutions européennes et les ministres des Affaires étrangères des pays membres. Il a prévenu qu'en cas d'aggravation, la Grèce pourrait solliciter la solidarité concrète de ses alliés.
« La seule certitude, c'est que nous ne déterminerons pas nos alliances internationales en fonction des souhaits d'autres pays. Vous pouvez l'oublier », a déclaré le ministre grec.
Malgré ces frictions, M. Gerapetritis a souhaité apaiser les craintes d'un affrontement militaire imminent, affirmant que les canaux de communication restent ouverts tout en maintenant un état de préparation opérationnelle.
Lignes rouges en mer Égée
Le ministre a également tracé des lignes rouges strictes face à Ankara, affirmant qu'Athènes ne négociera jamais sur les questions relatives à sa souveraineté, y compris les revendications turques sur les « zones grises » en mer Égée et la démilitarisation des îles grecques. Il a qualifié la doctrine de la « Patrie bleue » d'expansionniste et dépourvue de tout fondement historique.





