Giorgia Meloni intervient dans le chaos migratoire en Espagne pour des raisons politiques

La Première ministre italienne a vivement critiqué la gestion espagnole de l'immigration clandestine, cherchant à consolider sa base électorale.

MaarivAuteur : Eli Leon
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Giorgia Meloni intervient dans le chaos migratoire en Espagne pour des raisons politiques
Photo : Maariv / ג'ורג'יה מלוני | צילום: REUTERS/Remo Casilli/File Photo

La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, refuse de perdre à son propre jeu. À l'approche des élections de l'année prochaine et suite à l'émergence d'un nouveau rival à droite, Meloni durcit à nouveau le ton sur les questions d'immigration et de sécurité.

Selon un rapport publié sur le site « Politico », le gouvernement Meloni a été le premier au sein de l'Union européenne à attaquer vivement le gouvernement espagnol suite à un afflux soudain de migrants du Maroc vers l'enclave espagnole de Ceuta la semaine dernière. Alors que la France et d'autres pays se sont contentés de renforcer les contrôles aux frontières, l'Italie est allée plus loin et a annoncé la suspension de l'accord de Schengen sur la libre circulation avec Madrid. Désormais, dans les aéroports italiens, les passagers arrivant d'Espagne sont tenus de faire la queue séparément.

Le bureau de Meloni a précisé qu'il n'avait pas l'intention de lever les contrôles au moins jusqu'au 15 août, ce qui a considérablement aggravé la confrontation avec l'Espagne, qui a réagi en imposant ses propres contrôles stricts aux passagers arrivant d'Italie.

« Nous ne céderons pas un millimètre en ce qui concerne l'immigration clandestine », a tweeté Meloni sur le réseau social X.

Ses partenaires de coalition ont accusé le gouvernement socialiste espagnol d'un échec total dans la gestion de la crise migratoire. La confrontation avec Madrid n'est que le dernier signe que la dirigeante italienne fait tout ce qui est en son pouvoir pour garantir le soutien de sa base électorale, face au défi posé par Roberto Vannacci, ancien général et membre du Parlement européen. À l'approche des élections prévues au printemps prochain, le parti de Vannacci, « Avenir national », grimpe dans les sondages, dépassant le parti « Ligue » — partenaire de coalition de Meloni — et talonnant « Forza Italia ».

Alors que Meloni avait promis lors de la campagne de 2022 d'arrêter l'immigration clandestine par un blocus naval — une promesse qui n'a jamais été réellement mise en œuvre, bien que des centres de détention pour migrants aient été établis en Albanie —, Vannacci exige une solution beaucoup plus radicale : la « migration inversée », un programme visant à encourager les migrants à retourner dans leur pays d'origine. Des experts de la politique italienne ont déclaré à « Politico » que la réaction vive de Meloni à la crise de Ceuta découle uniquement de calculs politiques internes et de la peur d'une fuite de voix de son parti, « Frères d'Italie ».

Vannacci, dont le parti franchit le seuil des 7 pour cent de soutien dans les sondages, lui pose également un casse-tête sur la question de l'Ukraine, appelant à une approche plus souple envers Moscou et s'opposant à l'augmentation des dépenses de défense. Il semble que la pression venant de la droite porte déjà ses fruits et remodèle la politique du gouvernement italien.

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