L'Église catholique allemande qualifie l'AfD de menace pour la démocratie

Le président de la Conférence des évêques allemands, Mgr Heiner Wilmer, a vivement dénoncé l'AfD, l'accusant de mépriser la démocratie et de rejeter les principes chrétiens fondamentaux.

L'Église catholique allemande qualifie l'AfD de menace pour la démocratie
Photo d'illustration FilIsrael : AI Generated

Le président de la Conférence des évêques allemands, Mgr Heiner Wilmer, a vivement critiqué le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD), l'accusant de mépriser la démocratie et de rejeter ses revendications à représenter des valeurs chrétiennes. Dans un entretien accordé au Financial Times au Collège teutonique du Vatican, Mgr Wilmer a qualifié la formation politique de « loup déguisé en brebis », alors que celle-ci s'approche d'une participation au gouvernement dans le Land de Saxe-Anhalt.

L'évêque a affirmé que l'Église tracera des lignes rouges strictes et refuserait d'offrir une tribune publique aux dirigeants du parti ou à ses représentants officiels. Il a souligné que la formation minimise la gravité des crimes commis sous le régime nazi, estimant qu'une idéologie ethno-nationaliste est totalement incompatible avec le christianisme. Selon lui, l'idéologie du parti valorise systématiquement les Allemands de souche, hommes et de droite, au détriment des autres, en particulier des immigrés. Ce message contraste nettement avec le christianisme contemporain, qui encourage l'amour du prochain et la solidarité avec toute personne dans le besoin.

Malgré cette position ferme, Mgr Wilmer a insisté sur le fait que l'Église ne fermera pas ses portes aux électeurs de ces partis, mais cherchera le dialogue et le discernement. L'institution entend également collaborer avec d'autres forces de la société pour protéger la démocratie en Allemagne et préserver la cohésion européenne. L'AfD, parti anti-immigration et pro-russe, est apparue comme la force politique majeure lors des récentes élections en Saxe-Anhalt, où elle pourrait bientôt diriger le premier gouvernement régional d'extrême droite en Allemagne depuis la Seconde Guerre mondiale. Dans les sondages nationaux, elle recueille environ 30 % des intentions de vote.

Cette condamnation officielle de la conférence épiscopale fait suite à une première prise de position en 2024. Une critique publique aussi virulente demeure inhabituelle en Europe, où le clergé catholique se concentre généralement sur la doctrine ecclésiale sans s'engager sur le terrain partisan. Cette intervention illustre l'inquiétude du Vatican face à la montée de l'extrême droite sur le continent, du Rassemblement national en France à Vox en Espagne. Quatre des cinq pays les plus peuplés de l'Union européenne organiseront des élections nationales au cours des douze prochains mois.

Le pape Léon a exprimé son soutien aux préoccupations des évêques allemands, déclarant que l'association entre des vues d'extrême droite et une certaine forme de religion ne constitue pas une expression authentique du christianisme. Bien que Mgr Wilmer ait reconnu que les positions de l'AfD sur les questions biomédicales coïncident avec la doctrine de l'Église, il a averti que cela ne fait que fournir une façade chrétienne à une vision du monde exclusive. En réponse, l'AfD réclame la fin du financement public des Églises et l'arrêt de la perception des impôts ecclésiastiques, ce qui représente une menace sérieuse pour l'Église catholique allemande, laquelle a consacré plus de 537 millions d'euros à l'aide humanitaire internationale l'an dernier.

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