Un projet de règles européennes menace la participation d'Israël à Horizon
Un projet de règles de l'UE subordonnant la participation à Horizon 2028 au respect de la convention sur le génocide menace la présence d'Israël.

Une nouvelle condition liant la participation des pays non membres de l'Union européenne au prochain programme de recherche Horizon 2028-2034 au respect des droits de l'homme, du droit international et de la convention sur le génocide a été introduite dans un projet de règles. Des responsables israéliens estiment que cette clause vise à exclure l'État hébreu, accentuant la tendance au boycott académique à l'approche d'un vote en plénière du Parlement européen prévu d'ici la fin du mois.
Le projet de règles du nouveau programme Horizon, qui entrera en vigueur en janvier 2028, subordonne la participation des pays tiers au partage des valeurs européennes, incluant le respect des droits de l'homme, du droit international, de l'égalité des genres et de la Convention de l'ONU sur le génocide de 1948. Selon des évaluations israéliennes, cet amendement a été initié par des acteurs hostiles, probablement au sein de la faction socialiste du Parlement européen, afin d'écarter Israël après trente ans de participation.
Une menace stratégique pour la science
Cette initiative législative fait suite à un rapport publié en juin par le comité des recteurs d'universités, révélant une hausse de 150 % des tentatives d'exclusion d'Israël des programmes européens. L'année dernière, une tentative similaire avait été bloquée, bien que l'UE ait exigé des améliorations humanitaires à Gaza. Le programme Horizon constitue la pierre angulaire de la recherche scientifique israélienne, injectant des milliards d'euros et assurant des réseaux de coopération essentiels.
Le budget du programme pour les sept prochaines années s'élève à 95 milliards d'euros. Entre 2014 et 2020, les chercheurs et entreprises de R&D israéliens ont perçu environ 1,8 milliard d'euros. Des responsables avertissent qu'une exclusion porterait un coup sévère à la recherche nationale et risquerait de provoquer une fuite des cerveaux en l'absence de subventions adéquates.
Bataille diplomatique et incertitude juridique
La question du génocide n'ayant été tranchée par aucun tribunal international, l'évaluation de cette condition laisse place à une interprétation politique potentiellement arbitraire. Le ministère des Affaires étrangères et les ambassades d'Israël en Europe se mobilisent aux côtés de leurs alliés parlementaires pour modifier ou supprimer ces dispositions contestées.
Des sources diplomatiques rappellent toutefois que le processus législatif nécessite l'accord de trois institutions européennes : le Parlement, le Conseil et la Commission européenne. Par conséquent, même si l'amendement était adopté par les eurodéputés, de longues négociations interinstitutionnelles restent à mener.




