Erdogan révèle les détails du « Pacte de La Mecque » et met en garde Israël

Dans une interview accordée au journal « Asharq Al-Awsat », le président turc Recep Tayyip Erdogan a détaillé l'accord de défense commune avec l'Arabie saoudite et le Pakistan, le présentant comme un levier de stabilité régionale tout en critiquant la politique israélienne.

MaarivAuteur : Eli Leon
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Erdogan révèle les détails du « Pacte de La Mecque » et met en garde Israël
Photo : Maariv / שהבז שריף, מוחמד בן סלמאן ורג'פ טאיפ ארדואן | צילום: רויטרס

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a révélé pour la première fois les détails de l'« accord de défense commune de La Mecque », signé la semaine dernière avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif. Dans une interview exclusive accordée au journal saoudien « Asharq Al-Awsat », le dirigeant turc a tracé les contours d'un nouvel axe stratégique puissant au Moyen-Orient, tout en adressant des messages fermes à Israël, à l'Iran et aux puissances occidentales.

« Les relations entre la Turquie et l'Arabie saoudite sont stratégiques, et la prochaine étape les portera à des niveaux bien plus élevés », a déclaré Erdogan. Il a précisé que cet accord tripartite ne constitue pas une simple réaction temporaire à l'escalade régionale. Selon le président, cette alliance, fondée sur l'article 51 de la Charte des Nations Unies, vise avant tout à renforcer la dissuasion et à protéger la stabilité régionale. « L'accord n'est dirigé contre aucun pays spécifique et est ouvert à toutes les nations sœurs souhaitant y adhérer pour préserver leur sécurité », a-t-il ajouté.

Cette interview intervient dans un contexte de tensions accrues dans le golfe Persique. Alors qu'Erdogan prône la stabilité régionale, le président américain Donald Trump a renouvelé ses menaces envers l'Iran, qualifiant les dirigeants iraniens de « négociateurs trompeurs » et leur lançant un ultimatum menaçant d'un effondrement économique ou d'un « coup militaire très fort ». Dans ce climat, Erdogan a souligné que le détroit d'Ormuz est une artère vitale pour l'économie mondiale et ne doit pas être pris en otage par les conflits actuels.

Erdogan a également vivement critiqué la politique d'Israël, la qualifiant d'« agressive et expansionniste » et la désignant comme le « problème central de la région ». Il a appelé à un arrêt immédiat des attaques israéliennes au Liban et a exprimé son soutien aux efforts diplomatiques visant à instaurer un cessez-le-feu, mettant en garde contre le risque de voir le Liban devenir une arène de règlements de comptes pour des forces étrangères.

Concernant la Syrie, Erdogan a déclaré que le pays est au seuil d'une « nouvelle étape historique ». Tout en s'engageant à respecter l'intégrité territoriale syrienne et à aider à la reconstruction, il a tracé une ligne rouge claire : « En aucun cas, nous ne permettrons la présence dans le nord de la Syrie d'une organisation ou entité menaçant la sécurité nationale de la Turquie ». Cette mise en garde vise les forces kurdes opérant près de la frontière.

En conclusion, Erdogan a affirmé que l'ère de l'implication étrangère au Moyen-Orient doit prendre fin : « Les pays de la région sont obligés, aujourd'hui plus que jamais, de prendre leur destin, leur avenir et leur sécurité en main. Les solutions importées et imposées de l'extérieur n'ont prouvé qu'une chose : elles n'apportent que des catastrophes ».

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