Erdogan frappé de l'intérieur : « L'armée turque n'est pas à louer »

L'opposition en Turquie s'oppose frontalement à l'« accord de La Mecque », mettant en garde contre la transformation de l'armée en « entrepreneur militaire » des pays du Golfe, accusant Erdogan de dissimuler les détails de l'accord et exigeant qu'il soit immédiatement soumis à un débat public au parlement.

MaarivAuteur : Eli Leon
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Erdogan frappé de l'intérieur : « L'armée turque n'est pas à louer »
Photo : Maariv / מערכות הגנה אוויריות של צבא טורקיה | צילום: רויטרס

Premières voix de l'opposition à Ankara : l'opposition turque lance une attaque virulente contre ce qui est appelé l'« accord de La Mecque », et met en garde contre la transformation des forces armées en bouclier humain pour des intérêts étrangers. Murat Emir, vice-président du groupe parlementaire du principal parti d'opposition en Turquie dirigé par Ozgur Ozel, a fait une déclaration ferme contre l'accord, dont les détails suscitent une vive inquiétude dans le système politique local.

« Nous n'accepterons pas, en échange d'un afflux d'argent chaud, de transformer la Turquie en entrepreneur militaire des pays du Golfe, et nous ne transformerons certainement pas l'armée turque en bouclier vivant dans les guerres des autres », a attaqué Emir.

Selon lui, le texte qui a été transmis loin des yeux du parlement turc, sous le nom d'« accord de La Mecque », constitue une violation flagrante de la constitution et n'est rien d'autre qu'« un piège posé au seuil de notre sécurité nationale ».

Emir a souligné que son parti n'approuvera aucun arrangement susceptible d'entraîner des soldats turcs dans des conflits régionaux uniquement pour servir les intérêts de pays étrangers. Il a précisé que la vie des soldats de l'armée turque et la souveraineté de la république ne peuvent être une monnaie d'échange en contrepartie d'accords économiques ou d'investissements en provenance du Golfe. De plus, il a déclaré que l'opposition fera barrage à tout accord signé dans l'obscurité, loin du parlement et de la volonté du peuple, et sans transparence publique. Selon lui, la politique étrangère et de sécurité de la Turquie doit reposer uniquement sur les intérêts nationaux.

Selon les déclarations, Emir a détaillé un certain nombre de critiques clés à l'égard de l'administration. Tout d'abord, il a mis en garde contre le danger d'être entraîné dans des conflits régionaux en échange de fonds et d'investissements de l'Arabie saoudite, une mesure qui, selon lui, indique un recul du jugement institutionnel dans le processus décisionnel. Dans le contexte militaire, il a exprimé une ferme opposition à l'imposition de risques à la Turquie dans toute confrontation possible entre l'Arabie saoudite et le Pakistan, et a mis en garde contre une politique qui pourrait transformer l'armée turque en « gardien à louer ».

Sur le plan diplomatique, Emir a accusé le gouvernement Erdogan que, contrairement à ses déclarations officielles, il participe à une voie internationale destinée à contenir l'Iran. Il a vivement critiqué ce qu'il a appelé la « diplomatie des dirigeants » et une politique aventureuse et opaque. En conclusion, Emir a appelé à transférer immédiatement l'accord pour une discussion transparente à la Grande Assemblée nationale, afin de permettre aux citoyens de Turquie d'être exposés à ses détails et d'exiger des comptes du gouvernement.

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