Eliakim Stark : le médiateur discret de Belz entre dans l'arène politique

Eliakim Stark, nouveau représentant de Belz sur la liste d'Agoudat Yisrael, passe de l'ombre à la lumière en devenant candidat à la Knesset. Ce médiateur de 34 ans a longtemps servi de lien clé entre Benjamin Netanyahu, Bezalel Smotrich et les autorités rabbiniques.

YnetAuteur : Shilo Fried
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Eliakim Stark : le médiateur discret de Belz entre dans l'arène politique
Photo : Ynet / צילום: אנשיל בעק

De la Belgique aux coulisses du pouvoir

Le nouveau représentant de la dynastie hassidique de Belz sur la liste électorale de l'Agoudat Yisrael (parti Judaïsme unifié de la Torah), Eliakim Stark, entre sous les projecteurs après des années d'activité dans l'ombre. Âgé de 34 ans, Stark est depuis longtemps une figure familière des couloirs politiques et des résidences des grands sages de la Torah, bien qu'il ait toujours évité la publicité, les interviews et les photographies.

Né en Belgique, Stark a fait ses études dans les institutions de Belz en Europe et en Israël. Après son mariage, il a dirigé un groupe d'étude pour les étudiants américains à la Yeshiva de Mir à Jérusalem. Il y a plusieurs années, il a été appelé au service public par le Grand Rabbin de Belz et son fils, le rabbin Aaron Mordechai Rokeach. Aux côtés de militants communautaires chevronnés, Stark a contribué à la création d'un comité dédié à la gestion des intérêts politiques et publics du hassidisme de Belz, travaillant en étroite collaboration avec le vice-ministre Israel Eichler, auquel Stark doit maintenant succéder sur la liste électorale.

Un intermédiaire clé entre les sages et le Premier ministre

Stark a mis en place un canal de communication essentiel reliant la direction de Belz aux dirigeants du monde des yeshivot lituaniennes non hassidiques — en particulier le rabbin Moshe Hillel Hirsch et le rabbin Dov Lando — ainsi qu'au chef spirituel du parti Shas, le rabbin Yitzhak Yosef. Parallèlement, Stark est devenu un visiteur fréquent du bureau du Premier ministre.

Selon des sources politiques, lorsque le Premier ministre Benjamin Netanyahu cherche à évaluer l'état d'esprit au sein du secteur ultra-orthodoxe, à clarifier la position d'une autorité rabbinique particulière ou à établir un canal discret avec un rabbin de premier plan, Stark est souvent le médiateur qu'il consulte.

Cette relation s'est avérée cruciale lors des récentes crises de coalition autour de la loi sur la conscription militaire. Conformément à la directive du Grand Rabbin de Belz d'éviter l'instabilité politique pendant la guerre en cours, Stark a travaillé discrètement sur plusieurs fronts — notamment auprès des dirigeants hassidiques, des chefs de yeshivot lituaniennes et du bureau du Premier ministre — pour désamorcer les ultimatums qui menaçaient de renverser le gouvernement.

Influence législative et municipale

Le portefeuille politique de Stark s'étend sur plusieurs étapes législatives et administratives majeures :

  • Budget de l'État et législation : Il a joué un rôle déterminant dans l'adoption du budget de l'État lors de ses lectures consécutives malgré de vives tensions au sein de la coalition, et a géré le consensus interne lors du conflit sur la loi fiscale sur les « bénéfices piégés ».

  • Alliances stratégiques : Il entretient d'étroites relations de travail avec le ministre des Finances Bezalel Smotrich, collaborant sur les affaires de la communauté ultra-orthodoxe et sur des nominations publiques clés, notamment les négociations concernant le directeur général de l'Autorité foncière d'Israël.

  • Élections au Grand Rabbinat : Dans les coulisses, Stark a mobilisé avec succès des soutiens pour l'élection des Grands Rabbins Kalman Ber et David Yosef.

  • Interventions sur la conscription militaire : Stark est intervenu activement pour résoudre les frictions entre les étudiants de yeshivot et les autorités militaires. Lors d'un incident notable à Kiryat Gat, Stark a coordonné avec le bureau du Premier ministre, la présidence de l'État et de hauts responsables de Tsahal pour obtenir la libération avant le Shabbat d'un étudiant hassidique arrêté.

Manœuvres politiques locales

L'empreinte stratégique de Stark est très visible dans la politique municipale. À Ashdod, il a soutenu avec succès le maire Yehiel Lasri pour sa réélection, s'opposant à une campagne menée par le président du Shas Aryeh Deri et le représentant du hassidisme de Gour Motti Babchik. Stark a également poussé à la création d'une liste municipale indépendante combinant Shlomi Emunim, Belz et Degel HaTorah, qui a réussi à entrer au conseil municipal.

De plus, Stark a joué un rôle clé dans les transitions de direction municipale à Beit Shemesh, contribuant à l'élection du maire Shmuel Greenberg, ainsi que dans des manœuvres politiques à Kiryat Gat et à Haïfa. Sa transition vers la Knesset officialise une carrière politique active depuis des années loin des caméras.

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