Élections en Israël : la bataille de la périphérie redessine la carte politique

À l'approche des élections de 2026 en Israël, Gadi Eisenkot et son parti Yashar! disputent au Likoud de Benjamin Nétanyahou les voix des villes de la périphérie, espérant neutraliser l'hostilité de l'électorat de droite traditionnel.

Source :Ynet
Élections en Israël : la bataille de la périphérie redessine la carte politique
Photo : דוברות מפלגת ישר / יח״צ (Yashar Party Spokesperson)

La campagne électorale de 2026 en Israël se déroule globalement à un volume modéré par rapport aux années précédentes, mais des batailles acharnées font rage dans les villes de la périphérie et les localités à forte concentration d'électeurs séfarades et orientaux. Traditionnellement, cet électorat penche vers le Likoud, mais le point de départ de ce scrutin est qu'une large part des électeurs du parti au pouvoir hésite, au lendemain du 7 octobre et face aux tentatives du gouvernement d'exempter les ultra-orthodoxes du service militaire au sein de Tsahal.

Le Premier ministre Benjamin Nétanyahou et son principal rival, le président du parti «Yashar!», Gadi Eisenkot, ciblent tous deux des villes spécifiques pour accroître la participation. L'équipe d'Eisenkot mise sur « 40 villes d'or », parmi lesquelles Eilat, Dimona, Beer-Sheva, Netanya, Hadera, Afoula et Holon. Eilat, ville d'enfance d'Eisenkot, a ainsi bénéficié d'un traitement particulier et de l'un des budgets de campagne les plus élevés.

La bataille pour la périphérie

Dans les villes de développement que le camp libéral abandonne généralement au Likoud, Gadi Eisenkot, seul candidat d'origine nord-africaine au poste de Premier ministre, mène une offensive active. Cette semaine, son mouvement a inondé la périphérie d'affichages inhabituels portant le slogan « Premier ministre dialna », soit « notre Premier ministre » en arabe marocain.

Selon les sondages internes, même si Eisenkot ne mobilise pas les partisans inconditionnels de Nétanyahou, il ne suscite pas chez eux de sentiments négatifs, bien au contraire. L'objectif principal est de convaincre l'opinion publique mizrahi qu'il ne représente aucun danger. Ainsi, même si ces électeurs ne votent pas pour lui, ils pourraient simplement s'abstenir au lieu de se mobiliser en masse pour Nétanyahou.

Eisenkot achève sa tournée dans les 40 localités ciblées afin de convaincre les indécis. Un travail minutieux est également mené auprès du public du Sionisme religieux, illustré par un grand rassemblement organisé à Givat Shmuel. En revanche, les villes libérales affichant traditionnellement un taux de participation élevé pour le bloc du changement ont reçu des budgets minimes.

La stratégie mesurée du Likoud

De son côté, le Likoud mène une campagne plus contenue qu'à l'accoutumée face à ses rivaux. Contrairement aux attaques personnelles menées par le passé contre d'autres figures politiques, la campagne contre Eisenkot se concentre principalement sur l'argument selon lequel il « formerait un gouvernement avec les partis arabes », résumé par le slogan « La Droite ou la Palestine ».

« Un vaste public de droite ne votera certes pas pour Eisenkot, mais il le considère comme un homme intègre et digne : un Marocain né et élevé en périphérie, un père endeuillé par la guerre », confie un haut responsable du Likoud. « Entrer dans des considérations personnelles est un jeu délicat qui risque d'éloigner la droite modérée ».

À l'approche du scrutin de ce mardi, le déploiement sur le terrain reflète cette réalité. La quasi-totalité des observateurs et militants est envoyée dans les bastions du Likoud, tandis que les efforts humains à Tel-Aviv sont réduits au minimum, l'optimisation des votes y étant déjà acquise.

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