Crise de confiance entre le ministère de l'Éducation et la RAMAH
Un rapport commandé par le ministre Yoav Kisch révèle une crise de confiance majeure entre le ministère de l'Éducation et la RAMAH, appelant à une réforme de l'évaluation.

Une enquête approfondie menée par le professeur Ami Moyal, mandaté par le ministre de l'Éducation Yoav Kisch, a mis en lumière une grave crise de confiance entre le ministère de l'Éducation et l'Autorité nationale de mesure et d'évaluation en éducation (RAMAH). Le rapport souligne que cette friction systémique nuit à l'efficacité du système de tests nationaux et entrave la capacité à exploiter ces données pour améliorer l'enseignement.
Conflits Systémiques et Tensions de Gestion
L'évaluation pointe du doigt des désaccords constants à presque toutes les étapes opérationnelles, allant du développement des tests à la publication publique des résultats. Selon M. Moyal, il ne s'agit pas de divergences professionnelles ponctuelles, mais bien d'une défaillance structurelle. L'accumulation de ces différends au fil du temps a instauré un climat de méfiance qui paralyse le travail conjoint et empêche de traduire les conclusions des examens en réformes pédagogiques concrètes.
Cette enquête fait suite à un affrontement ouvert entre M. Kisch et le directeur de la RAMAH, le Dr Gal Alon. En mai 2026, le ministre avait dénoncé de graves manquements professionnels suite à la publication des résultats des examens Tanufa, ordonnant de ne pas tenir compte des données en attendant une vérification complète. Kisch avait également saisi la Commission de la fonction publique pour engager une procédure disciplinaire à l'encontre d'Alon, provoquant une levée de boucliers du conseil consultatif de la RAMAH.
Débats Méthodologiques et Limites des Examens
Tout en donnant raison au ministère sur la nécessité de mieux distinguer les niveaux de maîtrise des élèves, M. Moyal s'est opposé à toute modification rétroactive des seuils ou des méthodologies d'analyse. Il a également épinglé les limites des épreuves d'anglais, qui se concentrent principalement sur la compréhension écrite tout en négligeant l'expression orale et auditive. La RAMAH a expliqué que ces composantes avaient été abandonnées en raison de contraintes opérationnelles, mais s'est engagée à combler ces lacunes.
Recommandations et Perspectives
Afin de surmonter cette impasse institutionnelle, M. Moyal recommande d'adopter une législation spécifique pour consacrer l'indépendance et l'autonomie professionnelle de la RAMAH. Il préconise également de raccourcir les délais de transmission des résultats aux établissements scolaires pour permettre des interventions pédagogiques rapides.
Le ministre de l'Éducation Yoav Kisch a salué le travail rigoureux du professeur Moyal, estimant que le rapport confirme les inquiétudes soulevées par les experts du ministère. Il a indiqué que les recommandations seraient étudiées en profondeur afin de prendre des décisions dans les prochains jours.





