Démonstration de force de la droite en Espagne : « Sanchez le traître est un serviteur du Maroc. En prison ! »
Un mois après l'assaut massif sur Ceuta, des milliers de migrants sont toujours présents dans l'enclave espagnole, attisant la colère des habitants contre le gouvernement de gauche de Pedro Sanchez. Mercredi, des manifestations massives ont eu lieu dans toute l'Espagne : à Madrid, les manifestants ont scandé « Sanchez en prison ! », tandis qu'à Valence, des photos du Premier ministre ont été brûlées, les protestataires dénonçant un « gouvernement traître ».

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté mercredi dans des villes à travers l'Espagne en signe de solidarité avec Ceuta, l'enclave en Afrique du Nord où plus de 70 000 migrants se sont infiltrés il y a un peu plus d'un mois. La crise est loin d'être terminée, des milliers de personnes dormant toujours dans les rues et sur les plages de la ville. Ces manifestations, organisées par les habitants de Ceuta et rejointes par des dizaines de milliers de citoyens en Espagne continentale, ont pris la forme d'une démonstration de force de la droite contre le gouvernement de gauche de Pedro Sanchez, accusé d'avoir abandonné la sécurité de l'enclave et d'avoir favorisé la crise par une politique migratoire laxiste.
À Madrid, où l'on estime que plus de 50 000 personnes ont manifesté, les participants ont agité des drapeaux espagnols et scandé : « Sanchez est un fils de pute ! » et « Sanchez en prison ! ». Un manifestant tenait une pancarte représentant le Premier ministre espagnol comme un fugitif : « Recherché pour trahison ». Bien que la manifestation à Madrid ait été en grande partie pacifique, des affrontements ont éclaté en fin de cortège, blessant quatre policiers qui ont dû faire usage de gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants masqués.
Les protestations ont été organisées par la Fédération des autorités locales (FEMP), sous le contrôle du Parti populaire (PP) de centre-droit, avec le soutien du parti d'extrême droite Vox. Selon les organisateurs, des actions ont eu lieu dans plus de 200 villes espagnoles. À Valence, environ 25 000 personnes ont manifesté, 10 000 à Badalone, et 20 000 à Ceuta même. À Valence, certains manifestants ont brûlé des photos de Sanchez et du roi du Maroc, en scandant : « L'Espagne est chrétienne, pas musulmane ».
Les manifestations ont eu lieu à l'occasion de la « Journée de Ceuta », une fête locale assombrie cette année par la colère des résidents. « Ceuta n'est pas à vendre, Ceuta ne sera pas vaincue », ont-ils crié. Une pancarte affichait : « SOS. Europe, sauve-nous de notre gouvernement traître ! ». David Hernandez, enseignant de 45 ans présent au rassemblement de Ceuta, a déclaré : « La réponse du gouvernement a été insuffisante, tardive et marquée par une négligence totale. Nous ne pouvons pas être des citoyens de seconde zone, et notre frontière ne doit pas être abandonnée. »


