Des drones frappent le pétrole russe : pénuries et rationnement de carburant de retour à Moscou
La Russie fait face à une deuxième vague de crise du carburant suite aux attaques de drones ukrainiens contre ses installations pétrolières. Les principales chaînes de stations-service, dont Rosneft, Gazprom et Lukoil, ont imposé des limites sur les ventes d'essence. Malgré les affirmations du gouvernement sur la stabilisation du marché, la Russie a commencé à importer du carburant. Par ailleurs, neuf personnes ont été tuées dans les hostilités en cours, et 206 prisonniers de guerre ont été échangés.

L'agence Reuters a rapporté mercredi que les stations-service de Moscou ont réimposé des restrictions sur l'achat d'essence en raison de pénuries de carburant, dans un contexte d'attaques répétées de drones ukrainiens contre des raffineries à travers le pays. Cette annonce intervient alors que la Russie a confirmé avoir commencé à importer du carburant de l'étranger, une mesure inhabituelle pour l'un des plus grands exportateurs mondiaux.
Impact des attaques sur l'infrastructure énergétique
Ces derniers mois, l'armée ukrainienne lance quotidiennement des centaines de drones contre des installations pétrolières, des usines et des entrepôts en Russie. Kiev qualifie cette stratégie de campagne visant à « amener la guerre au citoyen russe » pour accroître la pression sur le président Vladimir Poutine. Plusieurs raffineries majeures ont été mises hors service, et les réparations pourraient prendre des mois.
De longues files d'attente ont été observées dans les stations-service de Moscou et de sa région. Les groupes Gazprom Neft et Rosneft ont confirmé l'instauration de plafonds de vente, limitant les achats entre 30 et 60 litres par véhicule. Lukoil a également annoncé des restrictions, invoquant une demande accrue et des travaux de maintenance imprévus.
Réponse du gouvernement et situation sur le front
Bien que le vice-Premier ministre Alexandre Novak ait affirmé le mois dernier que le marché du carburant montrait des signes de « stabilisation partielle », les experts préviennent que les pénuries persisteront durant la haute saison estivale. Le ministre de l'Énergie, Sergueï Tsivilev, a reconnu l'existence de files d'attente tout en assurant que le gouvernement travaillait à résoudre les goulots d'étranglement logistiques.
Une nouvelle attaque a été enregistrée aujourd'hui contre une raffinerie à Oufa, en République de Bachkirie. Par ailleurs, Vladimir Poutine a ordonné le lancement d'un programme de restauration des entrepôts du géant de la vente en ligne Wildberries, visés à plusieurs reprises depuis le 18 juillet.
Victimes et échange de prisonniers
Les combats restent intenses, faisant neuf morts aujourd'hui. Dans les régions russes de Belgorod et Briansk, deux civils ont péri dans des attaques de drones. À Kherson, une frappe russe sur un minibus civil a tué quatre personnes. À Jytomyr, dans l'ouest de l'Ukraine, un missile-drone russe a touché un quartier général de la police, tuant deux officiers et blessant au moins 20 personnes.
Dans ce contexte, un échange de 103 prisonniers de guerre a eu lieu entre la Russie et l'Ukraine. Parmi les Ukrainiens libérés figurent des membres des forces armées et des gardes-frontières. Le chef du renseignement militaire ukrainien, Oleksandr Ivashchenko, a indiqué que de nouveaux échanges étaient attendus d'ici la fin du mois.


