Des chercheurs découvrent que la moelle osseuse pourrait être la source du vieillissement systémique

Une nouvelle étude publiée dans la revue « Nature Aging » identifie un facteur surprenant dans le vieillissement du corps : la moelle osseuse. Des expériences sur des souris ont révélé que lorsque les cellules productrices de sang vieillissent, elles génèrent des cellules immunitaires favorisant une inflammation chronique, laquelle endommage les tissus dans tout l'organisme.

Now14Auteur : Efrat Briner
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Des chercheurs découvrent que la moelle osseuse pourrait être la source du vieillissement systémique
Photo : Now14 / אילוסטרציה | צילום: שאטרסטוק

Une nouvelle étude publiée dans la revue « Nature Aging » pointe vers un facteur surprenant qui pourrait influencer la façon dont le corps vieillit : la moelle osseuse. Dans une expérience sur des souris, les chercheurs ont découvert que lorsque les cellules productrices de sang vieillissent, elles peuvent produire des cellules du système immunitaire favorisant l'inflammation. Ces cellules circulent dans le sang et atteignent différentes parties du corps, affectant potentiellement les muscles, les poumons et d'autres fonctions vitales.

La moelle osseuse agit comme une usine, produisant continuellement des cellules sanguines et immunitaires. Les chercheurs se sont interrogés sur ce qui se passe lorsque cette « usine » elle-même vieillit. L'étude suggère qu'à mesure que nous avançons en âge, une inflammation légère et persistante s'installe dans l'organisme. Il ne s'agit pas nécessairement d'une inflammation aiguë ressentie lors d'une maladie ou d'une blessure, mais d'un processus silencieux et continu qui endommage les tissus au fil des ans. Les chercheurs ont cherché à comprendre si les cellules souches de la moelle osseuse participaient à ce processus.

L'étude s'est concentrée sur une protéine appelée SIRT3, qui aide les cellules à produire de l'énergie et à gérer le stress. Les chercheurs ont constaté qu'à mesure que les cellules souches vieillissent, les niveaux de SIRT3 diminuent. Pour tester l'impact de cette baisse, ils ont modifié des cellules souches de souris pour qu'elles produisent davantage de SIRT3, puis les ont transplantées. Les résultats ont été remarquables : les souris ayant reçu ces cellules « améliorées » produisaient moins de cellules immunitaires inflammatoires.

Comparées aux groupes témoins, ces souris ont montré une meilleure force physique, une meilleure mémoire, une meilleure régulation de la glycémie et des poumons en meilleure santé. Les chercheurs ont ensuite transféré des cellules immunitaires dérivées de ces cellules souches améliorées à d'autres souris, observant des améliorations similaires dans la fonction musculaire et la santé globale. La chercheuse principale, Danica Chen de l'Université de Californie à Berkeley, a expliqué : « Les preuves les plus solides proviennent de nos expériences de transplantation et de transfert de cellules ».

En résumé, les chercheurs ont identifié une voie possible : les cellules souches vieillissantes de la moelle osseuse produisent davantage de cellules immunitaires inflammatoires, qui circulent ensuite et contribuent aux phénomènes de vieillissement dans d'autres organes. Il est important de souligner que cette étude a été réalisée sur des souris et non sur des humains, et ne prouve pas que l'augmentation des niveaux de SIRT3 prolonge la durée de vie humaine. « La première question est de savoir si le mécanisme que nous avons identifié chez les souris est également préservé chez les humains », a noté Chen.

Cette étude remet en question la vision traditionnelle selon laquelle les organes vieillissent indépendamment. Elle suggère au contraire qu'un système peut influencer le taux de détérioration des autres. Bien qu'il s'agisse d'une étude animale préliminaire, elle ouvre une piste intéressante : pour comprendre le vieillissement systémique, il est peut-être nécessaire d'examiner ce qui se passe au plus profond des os.

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