Derrière la directive d'Israël Katz : le plan de Yoram Halevy

Le COGAT a proposé il y a plusieurs mois de redistribuer les responsabilités entre Tsahal et la police. Dans un document présenté par le général de division Yoram Halevy, il est soutenu que Tsahal ne dispose pas d'un avantage professionnel dans les missions de maintien de l'ordre civil. La proposition : une nouvelle force de police, avec ses propres effectifs et son budget, pour réduire la charge sur les unités régulières et de réserve. La responsabilité sécuritaire restera entre les mains de Tsahal.

N12Auteur : Nitzan Shapira
Source
Derrière la directive d'Israël Katz : le plan de Yoram Halevy
Photo : N12 / ישראל כ"ץ, יורם הלוי | צילום: חיים גולדברג, פלאש 90

Derrière la directive du ministre de la Défense Israël Katz de transférer à la police d'Israël la responsabilité de l'application de la loi et du maintien de l'ordre parmi la population israélienne en Judée et Samarie se trouve une proposition initiée par le coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires, le général de division Yoram Halevy.

L'initiative de Yoram Halevy

Selon des sources au fait des détails, Halevy a présenté de sa propre initiative au chef d'état-major, il y a plusieurs mois, une proposition de redistribution des responsabilités entre Tsahal et la police d'Israël. Récemment, face à la multiplication des incidents de friction en Judée et Samarie, il a rédigé un document supplémentaire qu'il a présenté au ministre de la Défense.

Halevy, qui a occupé une série de postes à responsabilité au sein de la police d'Israël, notamment celui de commandant du district de Jérusalem et de commandant de la police aux frontières (Magav), connaît intimement les capacités et les méthodes opérationnelles des deux organisations.

Dans le document, Halevy a écrit que le fossé entre les missions militaires classiques et les missions de sécurité courante en Judée et Samarie a toujours existé, mais que ces dernières années, ce fossé est plus évident que jamais. Selon lui, les changements dans la réalité font qu'une partie importante des tâches dans la zone nécessite une formation, des compétences et des autorités qui ne sont pas au cœur de l'activité militaire, et par conséquent, les unités de Tsahal n'ont pas d'avantage comparatif pour les accomplir.

Tsahal n'est pas conçu pour l'application de la loi civile

La police opère quotidiennement face à des civils et possède la formation, l'expérience et les autorités requises pour l'application de la loi et pour faire face aux troubles à l'ordre public et aux incidents de friction. Une force militaire, en revanche, est entraînée avant tout à faire face à un ennemi et à des menaces sécuritaires, et elle n'a aucun avantage professionnel dans la gestion d'incidents civils de ce type.

La nécessité d'une division des responsabilités est accentuée par la multitude de défis sécuritaires et la charge imposée à Tsahal. Dans cette réalité, l'affectation de forces militaires à des tâches d'application de la loi civile détourne les effectifs et l'attention des missions de combat, de la lutte contre le terrorisme et de la préparation aux urgences, précisément au moment où Tsahal doit concentrer ses efforts principaux sur ces points.

Halevy a également écrit que les changements dans la zone, parallèlement aux défis de main-d'œuvre de Tsahal et à la nécessité de maintenir la stabilité en Judée et Samarie, soulèvent le besoin de repenser le concept opérationnel dans la zone concernant le maintien de l'ordre public et l'application de la loi.

Une force de police dédiée en Judée et Samarie

Selon la proposition, la réponse n'est pas d'imposer des tâches supplémentaires aux forces de police existantes, mais d'établir sous l'égide de la police d'Israël une nouvelle force dédiée qui sera formée pour agir en Judée et Samarie et recevra la pleine responsabilité, parallèlement à l'allocation des effectifs et des budgets nécessaires. Cette mesure doit être mise en œuvre de manière progressive et coordonnée, afin de construire une capacité policière efficace capable d'opérer également dans les zones de friction définies.

Le modèle proposé par Halevy est basé sur une division des responsabilités selon l'avantage comparatif professionnel de chaque organisation. Tsahal se concentrera sur la lutte contre le terrorisme, le combat, la préparation aux urgences et la protection des frontières et des communautés, tandis que la force de police dédiée prendra la responsabilité du maintien de l'ordre public, de la prévention des incidents de friction et de la criminalité nationaliste, ainsi que de la gestion des incidents civils.

Selon le document, la nouvelle division a également une signification directe pour l'usage de la force par Tsahal. Elle devrait réduire la charge de travail imposée aux unités régulières et de réserve, réduire la nécessité de détourner des forces militaires vers des tâches qui ne sont pas au cœur de leur mission, et élargir la réponse globale grâce à une force de police supplémentaire. Cela permettra à Tsahal de diriger davantage de forces et d'attention vers la lutte contre les menaces sécuritaires, sans nuire à l'application de la loi et au maintien de l'ordre dans la sphère civile.

La proposition ne cherche pas à diminuer la responsabilité de Tsahal dans la zone. Elle vise à permettre à chaque organisation de se concentrer sur les tâches pour lesquelles elle possède un avantage professionnel, et à renforcer à la fois la réponse sécuritaire et l'application de la loi dans la zone.

Dans la même rubrique