De l'alliance militaire au canal de Suez : le grand accord en construction entre Le Caire et Ankara

Ankara souhaite intégrer l'Égypte au nouvel accord de défense avec l'Arabie saoudite et le Pakistan, mais Le Caire profite de ce rapprochement pour promouvoir des investissements, une zone industrielle turque dans le canal de Suez et l'augmentation des échanges commerciaux à 15 milliards de dollars.

MaarivAuteur : Agences de presse
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De l'alliance militaire au canal de Suez : le grand accord en construction entre Le Caire et Ankara
Photo : Maariv / רג'פ טאיפ ארדואן, עבד אל פתח א-סיסי | צילום: רויטרס,עיבוד מחשב: מעריב אונליין

La Turquie tente d'intégrer l'Égypte au nouvel accord de défense mutuelle signé avec l'Arabie saoudite et le Pakistan. Le Caire profite de ce rapprochement non seulement pour renforcer son statut politique et sécuritaire, mais aussi pour promouvoir des mesures économiques ambitieuses, notamment la création d'une zone industrielle turque dans le canal de Suez et l'augmentation du volume des échanges commerciaux à 15 milliards de dollars.

L'invitation faite à l'Égypte de rejoindre l'« Accord de défense commune de La Mecque » place Le Caire au centre d'un bloc régional émergent. Lors de sa visite à El-Alamein, le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a souligné l'importance stratégique de l'Égypte pour Ankara.

Aux côtés du ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, Fidan a déclaré que la Turquie et l'Égypte sont « deux grands pays » portant une responsabilité historique dans la région. Selon lui, le renforcement de la coopération servira la paix, la stabilité et la prospérité au Moyen-Orient. Ankara a précisé qu'elle souhaitait que l'Égypte devienne un partenaire officiel de cet accord, selon lequel une attaque contre l'un des États membres serait considérée comme une attaque contre tous.

La prudence du Caire

Malgré les avances turques, l'Égypte reste prudente. Abdelatty a expliqué que Le Caire est en coordination avec les signataires, mais que les engagements de défense nécessitent un examen approfondi avant toute décision finale.

Au lieu de se précipiter dans une alliance militaire contraignante, l'Égypte a utilisé cette rencontre pour ancrer un dialogue stratégique plus large. Après les entretiens bilatéraux, une réunion trilatérale a eu lieu avec le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan. Des contacts sécuritaires ont également eu lieu en coulisses, Fidan ayant rencontré le chef du Service général de renseignement égyptien, Hassan Rashad.


Priorités économiques

Du point de vue du Caire, le dialogue avec la Turquie dépasse le cadre sécuritaire. L'Égypte cherche à traduire ce réchauffement en investissements, en emplois et en expansion des exportations, en utilisant sa position géographique comme hub pour les entreprises turques en Afrique et au Moyen-Orient.

Le groupe de planification conjoint travaille sur l'objectif d'augmenter les échanges bilatéraux à 15 milliards de dollars, conformément aux ambitions du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et du président turc Recep Tayyip Erdogan. Le Caire a proposé un mécanisme de « voie rapide » pour les licences et la création d'une zone industrielle intégrée dans la zone économique du canal de Suez, ciblant l'automobile, les machines lourdes et le textile.

Questions régionales

Les deux pays ont discuté du renouvellement d'une ligne maritime Ro-Ro et d'investissements miniers. Des accords sur les règles d'origine et la connectivité logistique ont été signés. Sur les crises régionales, les deux parties ont exprimé leur soutien à la fin de l'escalade dans la bande de Gaza, appelant au retrait israélien et à l'aide humanitaire. La situation au Soudan et en Libye a également été abordée, les deux pays plaidant pour la stabilité politique et la souveraineté interne.

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