Décision historique : le Liban abolit la peine de mort, le Hezbollah s'y oppose

Le parlement libanais a approuvé une loi abolissant la peine de mort, la remplaçant par la réclusion à perpétuité avec travaux forcés. La faction du Hezbollah a été la seule à voter contre, faisant du Liban le premier pays arabe à prendre cette mesure.

YnetAuteur : Lior Ben Ari
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Décision historique : le Liban abolit la peine de mort, le Hezbollah s'y oppose
Photo : Ynet / צילום: shutterstock/Santi S, AP/Hussein Malla

Le Parlement du Liban a approuvé ce mardi, dans une démarche historique, l'abolition de la peine de mort, faisant du « Pays du Cèdre » le premier État du monde arabe à franchir ce pas. Selon la nouvelle loi, la peine capitale est désormais remplacée par la réclusion à perpétuité assortie de travaux forcés.

Le Liban avait gelé l'application des exécutions depuis 2004, mais la peine restait inscrite dans les textes. Au fil des années, des dizaines de condamnations à mort ont été prononcées, mais leur exécution était systématiquement reportée ou commuée. Lors du vote au sein du parlement de 128 membres, la majorité des députés a voté en faveur de l'abolition, la seule faction à s'y opposer étant celle du Hezbollah.

Le ministre libanais de la Justice, Adel Nassar, a qualifié cette décision de « pas historique ». Les organisations de défense des droits de l'homme, qui réclamaient une abolition totale, ont salué ce vote. Ramzi Kaiss, chercheur sur les affaires libanaises au sein de Human Rights Watch, a déclaré :

« Le Liban marque une rupture définitive avec une punition cruelle qui n'aurait jamais dû être imposée. La peine de mort est unique par sa cruauté et son caractère définitif, et elle est pleine d'arbitraire, de partialité et d'erreurs. »

Les modalités d'application des « travaux forcés aggravés », qui remplacent désormais la peine de mort, restent floues. Certains parlementaires ont admis que les conditions de cette nouvelle peine n'étaient pas encore clairement définies. Bien que les travaux forcés existent dans le droit libanais, ils sont rarement appliqués en raison du manque de ressources dans les prisons surpeuplées du pays, en proie à de graves difficultés économiques.

Cette abolition intervient alors que le parlement débat d'une loi d'amnistie générale controversée — la plus importante depuis la fin de la guerre civile en 1990 — qui pourrait entraîner une réduction des peines et la libération anticipée de militants armés et de trafiquants de drogue. Les familles de soldats et de membres des forces de sécurité libanaises tués par des organisations islamistes ont manifesté à plusieurs reprises contre ce projet, espérant voir les auteurs de ces crimes exécutés plutôt que de bénéficier d'une remise de peine.

Le Hezbollah a justifié son opposition en affirmant refuser l'adoption de cette loi avant le vote sur l'amnistie. Selon le mouvement, cela entraînerait une « double réduction » de peine : la peine de mort serait d'abord convertie en 28 ans de prison, puis réduite à 17 ans par la loi d'amnistie. Le Hezbollah juge cette sanction beaucoup trop clémente pour ceux qui ont porté atteinte à ses militants.

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