CyberWell met en garde contre une vague de haine antisémite sur X
CyberWell a révélé une recrudescence de théories du complot antisémites sur le réseau X lors des manifestations en France et en Albanie, illustrant les failles des plateformes face à la haine en ligne.

L'organisation de veille numérique CyberWell, partenaire reconnu de grandes plateformes telles que Meta, TikTok et YouTube, a révélé une vague de publications antisémites sur le réseau social X, anciennement Twitter. Ces contenus haineux ont été diffusés sur fond de manifestations et d'émeutes violentes en France, ainsi que de protestations anti-gouvernementales en Albanie.
Selon les conclusions de l'organisation, les publications présentaient des théories du complot mutuellement contradictoires. D'un côté, les juifs étaient accusés d'orchestrer les troubles en France ; de l'autre, il était allégué qu'ils contrôlent le gouvernement albanais et répriment les manifestants. Les messages comprenaient des appels explicites à s'en prendre à des entreprises juives et des incitations évoquant la Shoah.
En France, les manifestations déclenchées par des grèves lycéennes le 21 septembre se sont transformées en émeutes nationales accompagnées d'une violente rhétorique. Des publications en français et en anglais ont accusé les juifs d'impulser les violences. Certains messages ont employé le terme codé de "dragons célestes", issu du manga japonais "One Piece", pour dépeindre les juifs comme une élite privilégiée. D'autres théories affirmaient que des incidents étaient mis en scène pour discréditer les manifestants.
Parallèlement à des actes de vandalisme contre des synagogues et des commerces, des publications ont encouragé le pillage d'entreprises juives, justifiant ces agressions par le prisme de la crise migratoire. En Albanie, la tendance s'est inversée : les messages liaient les manifestations au prétendu contrôle de l'État par les juifs, utilisant la caricature antisémite du "Happy Merchant" et affirmant que "les problèmes de 2026 exigent les solutions de 1939", une allusion directe à la politique d'extermination nazie.
De surcroît, CyberWell a repéré des publications haineuses diffusées aux côtés d'annonces publicitaires de X Business, soulevant de graves questions quant à la monétisation de la haine en ligne. Tal-Or Cohen Montemayor, fondatrice et directrice générale de CyberWell, a souligné que la propagation de ces boucs émissaires met en lumière l'aggravation mondiale de l'antisémitisme, amplifiée par des algorithmes axés sur l'engagement.





